
Alexandre Jubelin, du Collimateur, termine sa série sur les métiers de l'industrie navale à Ollioules, près de Toulon, où Naval Group conçoit ses drones de surface et sous-marins. Cinq responsables du groupe expliquent pourquoi ces engins naissent des torpilles, comment on encadre leur autonomie avec un superviseur humain, à quoi sert un wargame sur plateau, comment récupérer un drone depuis un sous-marin et ce que doit prouver le démonstrateur XL-UUV.
De la torpille au drone sous-marin
Pour le cinquième et dernier épisode de sa série Port du casque obligatoire, consacrée aux métiers de l’industrie navale et réalisée en partenariat avec Naval Group, Alexandre Jubelin se rend à Ollioules, près de l’arsenal de Toulon, où le groupe conçoit et construit ses drones navals : drones de surface (USV) et drones sous-marins (UUV), de quelques mètres à plusieurs dizaines de mètres. Cyril Levy, directeur des activités drones et systèmes autonomes et collaboratifs, explique la filiation avec les torpilles : « une torpille, c’est un drone qui va très vite », et la dernière génération, la F21, dispose d’une autonomie de décision qui lui évite d’être leurrée. L’enjeu est l’autonomie : en zone contestée, il faut couper les émissions pour protéger le drone et le navire porteur, et le drone doit alors poursuivre seul sa mission. La doctrine française parle de SALIA, systèmes d’armes létaux intégrant de l’autonomie : un superviseur humain reste dans la boucle et valide chaque décision, et un logiciel indépendant, un « hyperviseur », garantit le respect des règles fixées par l’opérateur. Selon lui, la guerre en Ukraine a levé les réticences à l’emploi de drones armés. Grégory Pelard, chargé du développement commercial des drones de surface, anime un wargame sur plateau à plusieurs étages, du fond des mers aux satellites, conçu par le Naval Innovation Hub : une marine y défend un câble sous-marin attaqué en employant des drones. Pierre-Antoine Fliche, responsable des lignes de produits, distingue les munitions téléopérées de surface vues en Ukraine, à sens unique, des véritables drones capables d’enchaîner plusieurs missions, et présente un drone sous-marin de format moyen à forme de torpille, pensé pour être lancé depuis les tubes existants et pour embarquer le plus d’énergie possible. Reste à le récupérer, simple depuis un navire de surface, beaucoup plus délicat depuis un sous-marin, avec une phase d’amarrage qui rappelle le spatial.
Frédéric Zeitoun, chef de projet du démonstrateur XL-UUV, montre l’engin démonté pour recevoir trois nouvelles charges utiles, et Louis Deltour, chargé du développement commercial et de la préparation de l’avenir, retrace ce projet lancé en 2016 sur fonds propres : 10 mètres, 10 tonnes, transportable en conteneur, alors qu’aucune marine n’utilise encore ce type d’engin.
Les références de l’épisode
- Naval Group : l’industriel partenaire de la série, qui développe ses drones à Ollioules.
- F21 : la torpille de dernière génération de Naval Group, base des savoir-faire en autonomie sous-marine.
- SALIA : systèmes d’armes létaux intégrant de l’autonomie, la notion retenue par la doctrine française.
- Naval Innovation Hub : l’entité de Naval Group qui a conçu le wargame présenté dans l’épisode.
- XL-UUV : le démonstrateur de grand drone sous-marin de 10 mètres et 10 tonnes, lancé en 2016.
- Port du casque obligatoire : la série du Collimateur sur les métiers de l’industrie navale, dont c’est le cinquième épisode.
Au fil de l’épisode
- 00:00:36 : retour sur la série consacrée à la construction navale
- 00:01:20 : les drones navals, une activité émergente
- 00:02:22 : les torpilles, point de départ des drones sous-marins
- 00:04:04 : pourquoi les drones navals doivent être plus autonomes
- 00:04:31 : supervision humaine et doctrine française
- 00:05:32 : l’effet des images venues d’Ukraine
- 00:06:44 : un wargame autour d’un câble sous-marin attaqué
- 00:08:53 : le centre opération drone et les boucles courtes de conception
- 00:10:05 : un plateau de jeu du fond des mers aux satellites
- 00:10:53 : munitions téléopérées de surface et véritables drones
- 00:11:57 : un drone sous-marin de format moyen à forme de torpille
- 00:13:51 : comment récupérer un drone depuis un navire ou un sous-marin
- 00:15:40 : le démonstrateur XL-UUV démonté pour de nouvelles charges utiles
- 00:17:05 : un projet lancé en 2016 sur fonds propres
- 00:18:37 : 10 mètres, 10 tonnes et un format conteneur
- 00:19:27 : un marché encore ouvert
- 00:20:35 : bilan de la série
FAQ
Pourquoi les drones navals doivent-ils être autonomes ?
Selon Cyril Levy, de Naval Group, un drone qui opère dans une zone hostile doit couper ses émissions pour se protéger et protéger le navire qui le met en œuvre. Sans autonomie embarquée, il ne pourrait plus poursuivre sa mission. Un superviseur humain reste toutefois dans la boucle pour valider les décisions.
Qu’est-ce que le démonstrateur XL-UUV de Naval Group ?
C’est un grand drone sous-marin de 10 mètres et 10 tonnes, développé sur fonds propres depuis 2016. Son format permet de le transporter en conteneur et de le mettre à l’eau depuis un navire ou un quai. D’après Louis Deltour, il sert de banc d’essai, aucune marine n’utilisant encore ce type d’engin.
Pourquoi certains drones sous-marins ont-ils la forme d’une torpille ?
Pierre-Antoine Fliche explique que ce gabarit permet de lancer le drone depuis les moyens existants des navires et des sous-marins, sans manutention particulière. Il correspond aussi au maximum de ce qu’on manipule facilement à bord, ce qui permet d’embarquer davantage d’énergie et d’allonger l’endurance.
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