
Le général Olivier Hautreux commande la 4e brigade d'aérocombat, qui réunit les hélicoptères de l'armée de Terre. Dans Combats futurs, le podcast du Commandement du combat futur, il raconte ce que l'exercice ORION 26 a permis de tester : des drones largués depuis la Gazelle ou le Caïman, des leurres électromagnétiques, la désignation laser pour le Tigre. Il parle aussi de la lutte antidrone depuis l'hélicoptère, de la charge qui pèse sur les équipages et de la question que tout le monde lui pose : l'hélicoptère de combat a-t-il encore un avenir ?
La 4e brigade d’aérocombat entre hélicoptères et drones
Le général Olivier Hautreux, commandant la 4e brigade d’aérocombat (4e BAC), explique dans Combats futurs comment l’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) intègre les drones sans renoncer à l’hélicoptère. Il décrit d’abord sa brigade : environ 4 000 aérocombattants, dont un millier de réservistes, quatre régiments et entre 150 et 160 hélicoptères (Tigre pour l’attaque, Caïman et Cougar rénové pour la manœuvre, Gazelle pour l’attaque et la reconnaissance). Il insiste sur la diversité des métiers : commandants de bord, pilotes, mécaniciens navigants, membres opérationnels de soute, mécaniciens, contrôleurs aériens, pompiers aéronautiques, préparateurs de mission. Pendant l’exercice ORION 26, l’état-major de la brigade a été évalué « bon de guerre », puis 25 hélicoptères ont été engagés sur le terrain pour tester quatre capacités drones encore embryonnaires : des drones largués depuis la Gazelle ou le Caïman qui simulent des munitions téléopérées, des drones de reconnaissance à voilure fixe envoyés à une dizaine de kilomètres en avant des patrouilles (l’objectif est d’atteindre 40 km), des leurres qui imitent la signature électromagnétique d’une patrouille, et la désignation laser d’objectifs pour permettre au Tigre de tirer au-delà de la vue directe. La plupart de ces drones sont construits par les régiments eux-mêmes. Le général évoque aussi la lutte antidrone : à la demande de l’état-major de l’armée de Terre, la brigade a mis au point une procédure de tir depuis le Tigre, les hélicoptères de manœuvre et la Gazelle, qui fonctionne à condition d’un guidage extérieur, l’hélicoptère n’ayant pas de radar. Il parle enfin de l’impression 3D au 9e régiment de soutien aéromobile, de la charge cognitive croissante des équipages et de l’arrivée du Guépard (H160) vers 2030.
À la question de la fin de l’hélicoptère de combat, il répond par la négative : l’appareil habité restera « au centre d’un système de systèmes », entouré de drones capables de l’accompagner, de délivrer des feux, de porter des capteurs et de leurrer l’ennemi, même si frapper dans la profondeur face à une défense sol-air dense aura toujours un coût que le chef devra assumer.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- 4e brigade d’aérocombat (4e BAC) : la brigade des hélicoptères de l’armée de Terre, dont l’état-major est à Clermont-Ferrand.
- ORION 26 : exercice majeur de 2026, dont la phase 4 s’est déroulée en avril, d’abord avec les postes de commandement puis sur le terrain.
- 1er régiment d’hélicoptères de combat : régiment de la brigade basé à Phalsbourg.
- 3e régiment d’hélicoptères de combat : régiment de la brigade basé à Étain.
- 9e régiment de soutien aéromobile : régiment de soutien de la brigade, à Montauban, appelé à accompagner les opérations et doté de capacités d’impression 3D.
- Tigre, Caïman, Cougar, Gazelle : les hélicoptères en service dans la brigade.
- Guépard (H160) : futur hélicoptère attendu vers 2030, à mi-chemin entre le Tigre et le Caïman selon le général.
- Général Cruzille : commandant de l’aviation légère de l’armée de Terre, reçu dans un épisode précédent du podcast.
Au fil de l’épisode
- 00:00:12 : présentation du général Hautreux et de la 4e brigade d’aérocombat
- 00:00:39 : 4 000 aérocombattants et une grande variété de métiers au-delà des pilotes
- 00:01:58 : les régiments et les 150 à 160 hélicoptères de la brigade
- 00:03:27 : l’état-major de Clermont-Ferrand et ce qui distingue l’aérocombat
- 00:04:52 : l’exercice ORION 26 et l’évaluation « bon de guerre » de l’état-major
- 00:06:13 : 25 hélicoptères sur le terrain et les premiers essais de drones
- 00:07:07 : munitions téléopérées, reconnaissance, leurre et désignation laser
- 00:08:01 : des drones construits par les régiments
- 00:09:23 : le télépilote embarqué et la charge cognitive de l’équipage
- 00:10:12 : vers des drones autonomes et l’équipe homme-machine
- 00:11:03 : la lutte antidrone depuis le Tigre, les hélicoptères de manœuvre et la Gazelle
- 00:12:29 : maintenance et impression 3D au 9e régiment de soutien aéromobile
- 00:13:50 : le métier de pilote face aux systèmes modernes et l’arrivée du Guépard
- 00:15:21 : fusion des capteurs, automatisation et place de l’homme
- 00:16:56 : l’hélicoptère de combat a-t-il un avenir ?
FAQ
Qu’est-ce que la 4e brigade d’aérocombat ?
La 4e brigade d’aérocombat rassemble les hélicoptères de l’armée de Terre. Selon le général Olivier Hautreux, elle compte environ 4 000 aérocombattants, dont un millier de réservistes, quatre régiments et entre 150 et 160 hélicoptères. Son état-major est installé à Clermont-Ferrand, et ses métiers vont bien au-delà du pilotage : mécaniciens, contrôleurs aériens, pompiers aéronautiques, préparateurs de mission.
Comment l’ALAT utilise-t-elle les drones avec ses hélicoptères ?
Le général Hautreux décrit quatre capacités testées pendant ORION 26 : des drones largués qui simulent des munitions téléopérées, des drones de reconnaissance envoyés devant les patrouilles, des leurres imitant la signature électromagnétique d’hélicoptères et la désignation laser d’objectifs pour le Tigre. Il les qualifie de capacités encore embryonnaires, pilotées aujourd’hui par un télépilote embarqué.
Un hélicoptère peut-il abattre un drone ?
Oui, selon le général Hautreux. À la demande de l’état-major de l’armée de Terre, la brigade a réussi des tirs sur drone avec le Tigre, les hélicoptères de manœuvre et la Gazelle équipée d’une mitrailleuse. Le Tigre détruit les cibles de plus loin. La méthode suppose un guidage extérieur, car l’hélicoptère n’a pas de radar pour repérer sa cible.
Pourquoi l’hélicoptère de combat n’est-il pas dépassé selon le général Hautreux ?
Pour le général Hautreux, l’hélicoptère reste utile en gestion de crise comme en haute intensité, à l’arrière, au contact ou dans la profondeur. Il le voit au centre d’un système de systèmes entouré de drones. Il reconnaît toutefois que frapper dans la profondeur face à une défense sol-air dense coûtera des appareils, et que c’est au chef de décider si l’objectif le justifie.
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