
L'écrivain aventurier Patrice Franceschi, ancien combattant en Afghanistan et parrain de la 9e édition du Salon du livre de l'armée de Terre, répond aux questions du podcast Combats futurs sous les arcades des Invalides. Il y parle de la liberté comme valeur suprême, de sa devise « par le glaive et par la plume », de la force d'âme qui pèse plus que la technologie dans une guerre, de ses navigations sur La Boudeuse et des peuples qu'il retrouve depuis sa jeunesse.
Par le glaive et par la plume
Enregistré sous les arcades de la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides, pendant la 9e édition du Salon du livre de l’armée de Terre dont il était le parrain, cet entretien du podcast Combats futurs donne la parole à Patrice Franceschi, aventurier, écrivain et ancien soldat. Il refuse d’emblée l’étiquette de reporter : « je ne suis pas journaliste ». Il fait remonter son goût de l’ailleurs à quelque chose d’inné plutôt qu’à ses lectures, et raconte avoir su dès 12 ou 13 ans ce qu’il voulait : « écrire tous les livres possibles et imaginables et vivre toutes les aventures possibles et imaginables », un programme commencé à 18 ans. Au fondement de tout, dit-il, il y a la liberté, devenue selon lui une valeur « optionnelle » dans une société qui lui préfère la sécurité, et qui suppose d’accepter de prendre des risques et d’en payer le prix. Sa devise résume son parcours : « Par le glaive et par la plume, nous combattons. » Interrogé sur l’innovation, raison d’être du Commandement du combat futur (CCF), il s’appuie sur ce qu’il a vu en Afghanistan, aux côtés des Afghans qui combattaient l’Armée rouge : la technologie compte, mais « on ne gagne les guerres que par la force d’âme qu’on y met », et ce sont « les peuples en même temps que les armées » qui les gagnent. Il évoque aussi sa vie de marin, d’aviateur et de parachutiste, la jonque chinoise puis le trois-mâts qu’il a baptisés La Boudeuse en hommage au navire de Bougainville, une dizaine d’années d’études de philosophie à la Sorbonne et le modèle grec du philosophe soldat, de Xénophon aux stoïciens.
Il explique enfin pourquoi l’exploration n’est pas finie, retourne au moins tous les dix ans auprès de trois peuples qu’il suit depuis sa jeunesse, au Vanuatu, aux îles Mentawai et en Amazonie colombienne, et présente ses livres, dont son « Éthique du samouraï moderne ». Il conclut sur une phrase qu’il attribue à Thucydide : « Vivre libre ou se reposer, il faut choisir. »
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Salon du livre de l’armée de Terre : 9e édition, organisée par le CCF à l’Hôtel national des Invalides, dont Patrice Franceschi était le parrain.
- Commandement du combat futur (CCF) : grand commandement de l’innovation et de la pensée militaire de l’armée de Terre, créé en août 2023.
- « Première personne du singulier » : recueil de nouvelles de Patrice Franceschi, prix Goncourt de la nouvelle en 2015.
- « Éthique du samouraï moderne » : son petit traité d’éthique combattante, sous-titré « petit manuel de combat pour temps de désarroi ».
- « S’il n’en reste qu’une » : son roman en hommage à ses camarades qui ont combattu l’État islamique.
- La Boudeuse : nom donné à sa jonque chinoise puis à son trois-mâts, en hommage au navire de Bougainville.
- Xénophon : général et écrivain grec, cité comme modèle du philosophe soldat.
- Aldous Huxley et Thucydide : auteurs cités sur l’apprentissage et la liberté.
- Îles Mentawai : archipel où vivent des chamans qu’il retrouve régulièrement.
Au fil de l’épisode
- 00:00:10 : le Salon du livre de l’armée de Terre aux Invalides et son parrain
- 00:00:43 : la lecture, l’écriture et le style
- 00:01:45 : un goût inné de l’ailleurs
- 00:02:20 : vivre libre, la valeur suprême
- 00:03:23 : commencer à 18 ans, sans attendre
- 00:03:50 : apprendre pour vivre libre, les trois questions de l’esprit d’aventure
- 00:05:18 : accepter le risque et payer le prix
- 00:05:42 : écrire l’histoire, rester modeste, la liberté intérieure des stoïciens
- 00:06:38 : la devise « par le glaive et par la plume »
- 00:07:11 : l’Afghanistan, la technologie et la force d’âme
- 00:08:43 : les règles du combattant efficace
- 00:10:17 : marin, aviateur et parachutiste
- 00:11:18 : La Boudeuse, de la jonque chinoise au trois-mâts
- 00:12:11 : philosophie et action, le modèle grec
- 00:13:55 : peut-on encore explorer aujourd’hui ?
- 00:14:49 : trois peuples suivis depuis la jeunesse
- 00:15:49 : trois livres présentés au salon
- 00:17:15 : ne jamais poser ses bagages
FAQ
Qui est Patrice Franceschi ?
Patrice Franceschi se présente comme un écrivain aventurier avec un passé de soldat. Il a combattu en Afghanistan, navigué autour du monde sur La Boudeuse, étudié la philosophie à la Sorbonne et reçu le prix Goncourt de la nouvelle en 2015. Il était le parrain de la 9e édition du Salon du livre de l’armée de Terre.
Que signifie sa devise « par le glaive et par la plume, nous combattons » ?
Pour Patrice Franceschi, c’est par le combat que l’on vit libre, et ce combat n’est pas seulement militaire : il peut être politique ou humanitaire. Il estime que les conflits à venir se joueront autant par la pensée et l’écriture que par les armes, et que seule l’union des deux permettra de vaincre.
La technologie suffit-elle à gagner une guerre selon Patrice Franceschi ?
Non. S’appuyant sur ce qu’il a vu en Afghanistan, où les Afghans ont tenu face à la technologie soviétique, il affirme qu’on ne gagne les guerres que par la force d’âme. La technologie doit être prise en compte, mais oublier la conviction de celui qui combat serait, selon lui, une erreur.
Qu’est-ce que l’« Éthique du samouraï moderne » ?
C’est un petit traité d’éthique combattante écrit par Patrice Franceschi, sous-titré « petit manuel de combat pour temps de désarroi ». Il explique l’avoir d’abord écrit pour lui-même, comme un livre de chevet, avant de le destiner à tous. Il l’a présenté au Salon du livre de l’armée de Terre.
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