
Le chef d'escadron Delord, référent innovation du 28e groupe géographique de l'armée de Terre, explique au micro de Combats futurs, le podcast du Commandement du combat futur, comment sont produites et exploitées les cartes en opération. Drones à LIDAR, photogrammétrie, scanner pour les souterrains, modèles 3D et intelligence artificielle : il décrit une unité à la croisée de l'artillerie, du génie et du renseignement, qui doit bientôt devenir le 28e régiment d'artillerie géographique.
Cartographier pour les forces déployées
Le chef d’escadron Delord, chef du bureau systèmes d’armes et référent innovation du 28e groupe géographique de l’armée de Terre, explique dans ce numéro de Combats futurs, le podcast du Commandement du combat futur (CCF), comment l’armée produit et exploite les cartes en opération. Il rappelle que la géographie militaire française remonte au XVIIe siècle et aux ingénieurs du roi, premiers à dresser une carte de la France, et que la spécificité française tient surtout à l’acquisition de données directement sur le terrain, plutôt qu’à partir d’images satellitaires ou aériennes. Seule unité des armées à fournir l’appui géographique en opération, le 28e groupe géographique remplit trois missions : appui direct aux unités (positionnement précis, stationnement, infrastructures), cartographie de référence, et analyse du terrain et de l’environnement au profit des états-majors, par exemple pour choisir l’itinéraire d’un convoi logistique ou un point d’observation à partir d’un modèle numérique de terrain en 3D. Il distingue le rôle de l’Établissement géographique interarmées, sollicité en préparation d’une mission, de celui du 28e, qui enrichit les données une fois déployé. L’officier détaille les outils : système d’information géographique (SIG), théodolites et GNSS, puis, depuis six ans, drones équipés de LIDAR et de photogrammétrie, qui éloignent les soldats des zones à risque. Il raconte comment l’unité a fait adapter par des industriels un drone bathymétrique, pour cartographier le fond des cours d’eau, et un drone photogrammétrique, rendus plus discrets et dotés d’un chiffrement des données. Depuis deux ans, un scanner terrestre mobile permet aussi de cartographier souterrains et grottes, en lien avec le génie.
« L’innovation au 28e, ce n’est pas un luxe technologique : c’est une nécessité opérationnelle », résume la description de l’épisode. L’unité doit prendre en juin le nom de 28e régiment d’artillerie géographique.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- 28e groupe géographique (28e GG) : unité de l’armée de Terre chargée de l’appui géographique en opération, bientôt renommée 28e régiment d’artillerie géographique.
- Commandement du combat futur (CCF) : grand commandement de l’innovation et de la pensée militaire de l’armée de Terre, qui produit le podcast.
- Établissement géographique interarmées : il fournit les données de base en préparation des opérations et des exercices.
- Brigade du génie : le 28e groupe géographique y est rattaché depuis peu.
- Aviation légère de l’armée de Terre (ALAT) : partenaire d’un projet commun pour rapprocher les capteurs du 28e de ses besoins.
- Section technique de l’armée de Terre (STAT) et Battle Lab Terre : interlocuteurs du ministère pour la veille et l’évaluation des nouveaux matériels.
- GEOINT (renseignement géographique) : l’exploitation sur carte de toute information localisée, que l’unité pratique depuis longtemps.
Au fil de l’épisode
- 00:00:13 : présentation du chef d’escadron et du 28e groupe géographique
- 00:00:41 : une géographie militaire fondée sur l’acquisition de données sur le terrain
- 00:01:09 : des ingénieurs du roi au 28e groupe géographique
- 00:01:58 : les trois missions de l’unité en opération
- 00:03:01 : le renseignement géographique, ou GEOINT
- 00:04:01 : le futur nom, 28e régiment d’artillerie géographique
- 00:04:58 : SIG, théodolites, GNSS et drones
- 00:06:41 : comment les drones ont transformé le travail des géographes
- 00:07:38 : avions, satellites et données radar
- 00:08:57 : rapidité ou qualité de la donnée, un arbitrage permanent
- 00:09:51 : numérisation et intelligence artificielle
- 00:10:51 : obtenir une carte avant et pendant un déploiement
- 00:11:52 : analyser le terrain pour un convoi ou un point d’observation
- 00:12:50 : le travail avec l’ALAT et la carte en 3D
- 00:14:16 : topographes et cartographes, la formation des personnels
- 00:15:07 : tester et évaluer les nouvelles technologies
- 00:16:53 : adapter un drone bathymétrique et un drone photogrammétrique
- 00:18:36 : cartographier les souterrains avec un scanner mobile
- 00:19:47 : automatisation des traitements, 3D, radar et multispectral
FAQ
Qu’est-ce que le 28e groupe géographique ?
C’est la seule unité des armées françaises chargée de fournir l’appui géographique aux forces déployées en opération : positionnement, cartographie et analyse du terrain. Rattachée à la brigade du génie, elle porte les traditions de l’artillerie et doit devenir le 28e régiment d’artillerie géographique.
Comment les drones ont-ils changé la cartographie militaire ?
Selon le chef d’escadron Delord, les drones porteurs de LIDAR ou de photogrammétrie, utilisés par l’unité depuis six ans, permettent d’acquérir plus vite des données précises en 3D, tout en tenant les soldats à distance des zones les plus dangereuses, puisque c’est le drone qui approche le capteur de la zone d’intérêt.
Comment une unité obtient-elle une carte pour une opération ?
En préparation d’une mission ou d’un exercice, elle sollicite l’Établissement géographique interarmées. Une fois déployée, elle s’adresse à la cellule géographique, le plus souvent armée par le 28e groupe géographique, qui peut produire des cartes spécifiques ou des analyses du terrain, par exemple sur les itinéraires praticables par des véhicules lourds.
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