
Le vice-amiral d'escadre Xavier Petit commande les forces sous-marines et la force océanique stratégique. Ancien commandant du SNLE Le Terrible, il explique dans Horizons Marines comment la Marine maintient depuis 1972 au moins un sous-marin nucléaire lanceur d'engins en patrouille. Il décrit l'organisation de la force, la logique de la frappe en second, la préparation des équipages et l'arrivée du SNLE de troisième génération, sans aborder la doctrine, qui relève du président de la République.
Un SNLE toujours en mer depuis 1972
Le vice-amiral d’escadre Xavier Petit, amiral commandant les forces sous-marines et la force océanique stratégique (ALFOST), explique dans Horizons Marines, le podcast du Centre d’études stratégiques de la Marine, comment fonctionne la composante océanique de la dissuasion. Sous-marinier, il a commandé les sous-marins nucléaires d’attaque Casabianca et Améthyste, puis le sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) Le Terrible de 2012 à 2014. Il précise d’emblée qu’il n’intervient pas sur la doctrine, qui relève du seul président de la République, mais sur l’organisation et la préparation des forces. La force océanique stratégique réunit quatre SNLE, une base opérationnelle près de Brest, quatre centres de transmission, deux escadrilles, deux écoles de navigation sous-marine et un état-major. Son contrat : au moins un SNLE en patrouille en permanence, sans interruption depuis 1972, soit plus de 540 patrouilles. Le principe repose sur la capacité à se « diluer » dans l’océan pour garantir une frappe en second : même si la France était attaquée, le président pourrait ordonner une riposte. Plus de 2 000 personnes travaillent à la base pour permettre un appareillage toutes les six ou sept semaines, avec l’appui de chasseurs de mines, de frégates, d’avions de patrouille maritime et de fusiliers marins. L’amiral détaille la préparation des quelque trente métiers du bord sur simulateurs, du nucléaire au lancement de missiles, et l’accompagnement des familles pendant les patrouilles.
Le premier SNLE de troisième génération, dont la première tôle a été découpée à Cherbourg chez Naval Group, doit être admis au service actif en 2035 et naviguer encore en 2080. Une quarantaine de femmes servent aujourd’hui à bord des sous-marins nucléaires.
Pour aller plus loin
FAQ
Qu’est-ce que la force océanique stratégique ?
C’est l’ensemble des moyens qui assurent la dissuasion nucléaire française depuis les océans. Selon le vice-amiral d’escadre Xavier Petit, elle comprend quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, leur base opérationnelle près de Brest, quatre centres de transmission, deux escadrilles de sous-marins, deux écoles de navigation sous-marine et un état-major opérationnel, placés sous son commandement.
Que signifie la frappe en second ?
C’est la capacité de riposter même après une attaque contre la France. Le vice-amiral d’escadre Xavier Petit explique qu’un SNLE caché dans l’océan reste en permanence aux ordres du président de la République, qui pourrait lui ordonner de tirer ses missiles balistiques quoi qu’il arrive. C’est ce que tout adversaire doit savoir, et c’est ce qui rend la dissuasion crédible.
Quand arrive le SNLE de troisième génération ?
Le premier SNLE de troisième génération doit être admis au service actif en 2035, selon le vice-amiral d’escadre Xavier Petit. Sa construction a commencé à Cherbourg chez Naval Group, et il est conçu pour naviguer jusqu’en 2080. Les forces sous-marines préparent déjà son premier équipage et adaptent leurs simulateurs et leur formation à ses nouveaux équipements.
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