
Dans un format court du Collimateur, le podcast consacré aux questions militaires et stratégiques, son coanimateur André Loez lance une opinion impopulaire : la surprise stratégique serait un facteur militaire très surévalué. Autour d'Alexandre Jubelin, Antoine Bourguilleau, wargamer et historien, et Quentin Censier discutent sa thèse à coups d'exemples historiques, d'une anecdote de wargaming et d'une question de fond : faut-il distinguer la surprise du secret ?
La surprise stratégique, un facteur surévalué ?
Dans ce format court et estival du Collimateur, André Loez, coanimateur du podcast, défend une opinion à contre-courant devant Alexandre Jubelin, Antoine Bourguilleau et Quentin Censier : l’effet de surprise en matière militaire serait très surfait, et parfois contre-productif, car il pousse l’adversaire à se battre sans pitié. Il cite Pearl Harbor, l’opération Barbarossa, l’expédition de Suez en 1956 ou le débarquement de juin 1944, qui n’était pas une surprise. Les autres répondent avec la guerre russo-japonaise de 1904, l’offensive Nivelle du 16 avril 1917, un wargame des années 1980 où des frappes au hasard ont paralysé l’état-major adverse, et la distinction entre surprise et secret.
FAQ
Pourquoi l’effet de surprise serait-il surfait selon André Loez ?
Pour André Loez, ce qui fait gagner reste d’avoir plus de troupes, mieux commandées. Il estime que les attaques surprises, de Pearl Harbor à Barbarossa, ont produit des succès sans victoire à long terme, et qu’elles irritent tant l’adversaire qu’il se montre ensuite sans pitié jusqu’à la victoire finale.
Quel rôle joue l’imprévisible dans le wargaming ?
Un participant raconte un exercice des années 1980 : enfermé dans une boucle de décision sur le choix des aérodromes à frapper, un camp décide de frapper au hasard. En face, des dizaines d’officiers cherchent une logique qui n’existe pas, ce qui paralyse une partie de l’état-major adverse pour très peu de moyens.
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