
Le second maître Patrick, météorologue-océanographe au CENTEX METOC de Brest, présente dans Le Carré d'Horizons Marines un métier méconnu : prévoir la météo et étudier l'océan pour les opérations de la Marine nationale. Permanences de nuit, appui au commandant, portées sonar, mission Aquila sur la frégate Provence, formation à Maistrance puis à Toulouse : il raconte, à 22 ans, un engagement choisi pour la science et le voyage.
Prévoir la mer pour les marins
Le second maître Patrick, météorologue-océanographe rattaché au CENTEX METOC, le centre d’expertise météorologique et océanographique de la Marine nationale basé à Brest, décrit son métier au micro du Carré, le format portrait d’Horizons Marines, enregistré en public lors des Fêtes maritimes de Brest 2024. Au sein d’un groupe d’une vingtaine de météorologues installés au château de Brest, il prépare des prévisions quotidiennes, des cartes pour les sous-marins et des productions imprévues, par exemple en cas de piraterie, avec une permanence assurée jour et nuit. Le centre détache surtout ses spécialistes sur les bâtiments : deux sur une frégate multimission, huit à dix sur le porte-avions. À bord, explique-t-il, le météorologue appuie la décision du commandant sans jamais trancher à sa place, à l’aide de tables d’impact sur la hauteur de mer ; il prépare les vols de l’hélicoptère NH90 et, comme océanographe, calcule les portées des sonars pour la lutte sous la mer et celles des radars face aux avions et aux drones. Sur la frégate Provence, pendant la mission Aquila avec le groupe aéronaval, il a observé au large de la Crète un effet Venturi visible à l’œil nu. Il relie aussi son métier au changement climatique : la fonte des glaces modifie les portées sonar, et l’ouragan Beryl s’est formé un à deux mois plus tôt que d’habitude.
Il dit apprendre chaque jour, notamment des phénomènes locaux transmis par les météorologues plus anciens.
De la prépa scientifique à la Marine
Issu d’une famille scientifique, le second maître Patrick passe par une classe préparatoire BCPST, où il découvre les sciences de la Terre, puis cherche un métier qui lui permette de voyager. Conseillé par son père et un oncle militaire, il pousse la porte d’un CIRFA et découvre l’existence des météorologues dans la Marine. Entré à l’école de Maistrance en janvier 2021, il y apprend la vie et la rigueur militaires, au milieu de fusiliers marins, avant de rejoindre en septembre 2021 l’école de météorologie de Toulouse, dans un cadre interarmées et civil aux côtés de Météo-France. La formation dure dix-huit mois, l’une des plus longues de la Marine, avec un premier semestre très théorique et un stage final intensif. À la sortie, le CENTEX METOC lui a permis d’embarquer rapidement. Sous contrat de dix ans, il souligne que la spécialité offre une passerelle vers un diplôme civil.
Son conseil à ceux qui veulent s’engager pour voyager : bien se renseigner, car la vie embarquée doit plaire.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- CENTEX METOC : centre d’expertise météorologique et océanographique de la Marine, basé à Brest.
- Frégate multimission Provence : bâtiment basé à Toulon sur lequel le second maître Patrick a embarqué.
- Mission Aquila : mission du groupe aéronaval en Méditerranée orientale à laquelle il a participé.
- École de Maistrance : école où il a commencé sa formation et appris la vie militaire.
- Fêtes maritimes de Brest 2024 : cadre de l’enregistrement de l’épisode.
- Ouragan Beryl : cité comme exemple d’ouragan formé plus tôt que d’ordinaire.
Au fil de l’épisode
- 00:01:46 : le travail au CENTEX METOC, au château de Brest
- 00:03:20 : prévisions quotidiennes et productions imprévues
- 00:04:11 : horaires, permanence et réveils de nuit
- 00:05:32 : être détaché sur un bâtiment
- 00:06:23 : les rôles du météorologue-océanographe à bord
- 00:08:57 : une aide à la décision du commandant
- 00:11:33 : la Méditerranée et la mer 3 qui inquiète
- 00:13:02 : ce que la mer continue d’apprendre, l’effet Venturi en Crète
- 00:15:02 : le changement climatique vu de la mer
- 00:17:31 : le parcours, de la prépa au CIRFA
- 00:20:29 : l’école de Maistrance
- 00:23:05 : dix-huit mois de formation à Toulouse
- 00:25:44 : les affectations à la sortie de l’école
- 00:26:59 : la mission Aquila sur la frégate Provence
- 00:28:44 : contrat, passerelles et conseils pour s’engager
FAQ
Que fait un météorologue-océanographe de la Marine nationale ?
Selon le second maître Patrick, il produit les prévisions qui guident la navigation et les opérations, prépare la météo aéronautique des vols d’hélicoptère et, comme océanographe, calcule à quelle distance sonars et radars peuvent détecter sous-marins, avions ou drones. Il conseille le commandant, qui reste seul à décider.
Comment devient-on météorologue dans la Marine ?
Le second maître Patrick a commencé par l’école de Maistrance, qui forme à la vie militaire, avant dix-huit mois de formation à l’école de météorologie de Toulouse, avec des militaires des autres armées et en lien avec Météo-France. Il est entré dans la Marine après une classe préparatoire scientifique et un passage dans un CIRFA.
Quel est l’impact du changement climatique sur le métier ?
D’après le second maître Patrick, la fonte des glaces crée des couches d’eau froide sous une eau plus chaude, ce qui modifie les portées en lutte sous la mer. Le réchauffement des mers favorise aussi des phénomènes plus violents et plus précoces, comme l’ouragan Beryl. Le métier exige donc d’apprendre en permanence.
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