
Au micro du lieutenant Mathilde, au Salon du Bourget, deux capitaines de l'équipe de voltige de l'armée de l'Air et de l'Espace, l'un venu du transport, l'autre de la chasse, racontent leur métier d'ambassadeurs en meeting et de compétiteurs. Ils décrivent l'Extra 330, un avion de moins de 600 kg qui encaisse de plus 10 à moins 10 G, la préparation physique et mentale que demande la voltige de haut niveau, la nouvelle démonstration à trois avions de 2025 et le parcours qui les a menés de l'aéroclub à cette équipe créée en 1968.
Encaisser dix fois son poids
Depuis le Salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, le lieutenant Mathilde reçoit pour Air Actualités deux capitaines de l’équipe de voltige de l’armée de l’Air et de l’Espace : un pilote de transport et un pilote de chasse. Leur mission, expliquent-ils, est double : représenter le savoir-faire des aviateurs dans les meetings aériens et obtenir les meilleurs résultats possibles en compétition nationale et internationale. L’équipe, née en 1968 de passionnés, a suivi l’histoire des avions de voltige, dont ceux de Mudry, avant de passer fin 2008 à l’Extra 330, de conception allemande. Le pilote de transport le décrit comme « le meilleur avion au monde pour la voltige aérienne » : un fuselage en tubes d’acier soudés, une aile en carbone, un peu moins de 600 kg pour 330 chevaux, de grandes gouvernes, ni capitonnage ni climatisation, et un harnais à cliquets de camion que l’on resserre en vol. L’avion encaisse de plus 10 à moins 10 G : à 10 G, le pilote pèse dix fois son poids et l’avion chargé, environ 800 kg, en pèse 8 tonnes. La préparation physique est progressive et dépend de la morphologie ; le principal risque est le voile noir, quand le cerveau manque d’oxygène. Le pilote de chasse insiste sur l’accoutumance, entretenue par des stages intensifs où l’on vole deux fois par jour, car le corps « s’habitue, mais se déshabitue aussi vite ».
La préparation mentale compte autant. Tous les pilotes de l’équipe ont un passé opérationnel, mais le stress de la compétition, devant dix juges, leur est propre. Depuis 2018, l’équipe travaille avec un préparateur mental qui la suit en hypnose, pour laisser la part automatique du cerveau dérouler le programme sans que la réflexion pousse à la faute.
De l’aéroclub au championnat du monde
Les démonstrations se font surtout en solo, mais l’équipe présente aussi une voltige synchronisée à deux avions et, nouveauté de 2025, à trois, le biplace en leader et deux monoplaces de chaque côté, avec patrouille serrée et une séquence de combat aérien expliquée au public. Les deux pilotes ont découvert la voltige en regardant des meetings et en volant en aéroclub. Le premier a été pilote de Casa 235 à Creil et à Évreux, pour du transport de passagers, du largage et de l’évacuation sanitaire en opérations extérieures, avant d’entrer dans l’équipe en 2017. Le second, pilote de Mirage 2000 D à Nancy, l’a rejointe en 2018. Son camarade, raconte-t-il, a remporté tous les titres de la discipline : champion de France, champion d’Europe et champion du monde pour la deuxième fois consécutive. Les pilotes militaires s’entraînent aussi avec les stages Groupe France organisés par la Fédération française aéronautique, qui réunissent surtout des pilotes civils avant le championnat de France et la sélection de l’équipe de France.
Ils rappellent enfin que leurs vols reposent sur toute une équipe : mécaniciens, agent d’opérations, photographes et caméramans qui filment chaque vol pour la sécurité et la pédagogie, et un industriel pour la maintenance lourde.
Les références de l’épisode
- Équipe de voltige de l’armée de l’Air et de l’Espace : créée en 1968, chargée de la représentation en meeting et de la compétition.
- Extra 330 : l’avion de voltige de l’équipe depuis fin 2008.
- Salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget : le lieu de l’enregistrement.
- Fédération française aéronautique : elle regroupe plus de 600 aéroclubs et gère les deux équipes de France de voltige, Advanced et Unlimited.
- Casa 235 et Mirage 2000 D : les avions sur lesquels les deux pilotes ont servi avant l’équipe de voltige.
Au fil de l’épisode
- 00:00:09 : présentation des deux pilotes, au Salon du Bourget
- 00:00:35 : les missions de l’équipe de voltige
- 00:01:22 : l’histoire de l’équipe depuis 1968
- 00:01:49 : l’Extra 330
- 00:03:34 : de plus 10 à moins 10 G
- 00:03:56 : la préparation physique et le risque de voile noir
- 00:05:14 : l’entraînement au fil de l’année
- 00:06:01 : la préparation mentale et l’hypnose
- 00:07:58 : la démonstration synchronisée à trois avions
- 00:08:52 : les parcours des deux pilotes
- 00:10:34 : un palmarès complet en voltige
- 00:11:54 : les stages avec l’équipe de France
- 00:13:59 : un rôle d’ambassadeur
- 00:14:25 : l’équipe au sol
FAQ
Quelle est la mission de l’équipe de voltige de l’armée de l’Air et de l’Espace ?
Selon ses pilotes, c’est une mission de représentation : pilotes et mécaniciens sont des ambassadeurs de l’armée de l’Air et de l’Espace dans les meetings aériens. L’équipe dispute aussi des compétitions nationales et internationales de voltige, et ses résultats sont ensuite mis en valeur lors des présentations en vol.
Quel avion utilise l’équipe de voltige ?
Depuis fin 2008, l’équipe vole sur Extra 330, un avion allemand. Il pèse un peu moins de 600 kg pour un moteur de 330 chevaux, avec un fuselage en tubes d’acier soudés et une aile en carbone. Il supporte des facteurs de charge allant de plus 10 à moins 10 G.
Comment un pilote de voltige supporte-t-il 10 G ?
D’après les pilotes, par une montée en charge progressive, une préparation physique adaptée à sa morphologie et une pratique régulière, car le corps s’habitue vite mais perd aussi vite ses acquis. Le principal risque est le voile noir, quand le sang n’irrigue plus assez le cerveau.
Comment entre-t-on dans l’équipe de voltige de l’armée de l’Air ?
Les deux pilotes ont d’abord eu une carrière opérationnelle, l’un sur Casa 235, l’autre sur Mirage 2000 D, avant de postuler et de réussir la sélection. Tous deux avaient découvert la voltige en aéroclub et dans les meetings, et invitent les jeunes à pousser la porte d’un aéroclub.
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