
Dans un format court du Collimateur, le podcast consacré aux questions militaires et stratégiques, son animateur Alexandre Jubelin s'attaque à un cliché des films de guerre : le discours du chef avant la bataille. Avec André Loez, Antoine Bourguilleau, wargamer et historien, et Quentin Censier, il interroge la place du chef dans l'histoire militaire, de Braveheart au débarquement de Normandie, en passant par Jean Jaurès et ses répétiteurs.
Le discours d’avant-bataille, un cliché de cinéma ?
Dans ce format court et estival du Collimateur, Alexandre Jubelin défend devant André Loez, Antoine Bourguilleau et Quentin Censier une opinion à contre-courant : les discours d’avant-bataille des films historiques, de 300 à Braveheart, n’ont aucun sens. Sans micro, personne n’entendait au-delà du deuxième rang, et les armées ne parlaient pas une seule langue. Pour lui, ce cliché reflète une historiographie qui surestime le rôle du chef. Les autres évoquent le message écrit par Eisenhower pour assumer un éventuel échec du débarquement, l’essor de la presse qui imprime les discours, les limites de la force morale face à la mitrailleuse en 1914, l’exception du navire et les répétiteurs du rassemblement de Jean Jaurès au Pré-Saint-Gervais en 1913.
FAQ
Pourquoi les discours d’avant-bataille au cinéma seraient-ils irréalistes ?
Selon Alexandre Jubelin, avant les micros et les haut-parleurs, aucun chef ne pouvait se faire entendre de milliers de soldats en armes dans une plaine, au milieu du bruit des armes et des pas. Il ajoute que les armées antiques ou médiévales ne partageaient pas une même langue, ce qui rend ces scènes doublement improbables.
Existe-t-il des exceptions où un discours pouvait être entendu de tous ?
Les participants citent le navire, espace assez réduit pour que l’équipage entende son chef, surtout depuis la sonorisation. Ils évoquent aussi le rassemblement de Jean Jaurès au Pré-Saint-Gervais en 1913 contre la loi des trois ans, où des répétiteurs relayaient ses phrases vers le bas de la colline.
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