
Les Lundis de l'IHEDN, version audio des analyses de l'Institut des hautes études de défense nationale, consacrent une fiche d'actualité au conflit du Cachemire. De la partition de 1947 à l'opération Sindoor de mai 2025, l'Inde et le Pakistan se sont affrontés à plusieurs reprises pour cette région. L'analyse cherche pourquoi deux puissances nucléaires, sans gain stratégique possible, reprennent les armes, et conclut au poids des nationalismes religieux et des enjeux de politique intérieure.
Un conflit né de la partition, entretenu par les nationalismes
Cette fiche d’actualité de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), lue dans Les Lundis de l’IHEDN, retrace le conflit qui oppose l’Inde et le Pakistan pour le contrôle du Cachemire, de la partition de 1947 aux affrontements de mai 2025. Elle rappelle le choix du maharaja hindou de cette région à majorité musulmane de rejoindre l’Inde en octobre 1947, les guerres de 1947, 1965, 1971 et 1999, dite de Kargil, et les périodes de détente qui les séparent : traité des eaux de l’Indus en 1960, accord de Shimla en 1972, qui transforme la ligne de cessez-le-feu en ligne de contrôle, déclaration de Lahore en 1999. Depuis 1998, les deux pays sont des puissances nucléaires. Après l’attaque qui tue 26 civils le 22 avril 2025 dans le Cachemire administré par l’Inde, New Delhi lance le 7 mai l’opération Sindoor, suivie de plusieurs jours d’échanges de missiles, de drones et d’artillerie, jusqu’au cessez-le-feu du 10 mai. L’analyse avance une explication : la pression de politique intérieure. Le nationalisme hindou du Bharatiya Janata Party (BJP) de Narendra Modi d’un côté, la légitimité de l’armée pakistanaise de l’autre rendent toute retenue politiquement coûteuse.
Selon l’analyse, ce conflit montre moins l’échec de la dissuasion nucléaire que l’une de ses limites : elle empêche la guerre totale, pas les affrontements limités, et donne souvent l’avantage d’image au plus faible.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Accord de Shimla (1972) : l’Inde et le Pakistan s’engagent à régler pacifiquement leurs différends et créent la ligne de contrôle.
- Traité des eaux de l’Indus (1960) : il régule le partage des eaux des six fleuves du bassin de l’Indus.
- Guerre de Kargil (1999) : déclenchée quand des combattants pakistanais s’emparent de postes indiens au-delà de la ligne de contrôle.
- Opération Sindoor : les frappes indiennes lancées le 7 mai 2025 au Pakistan et dans le Cachemire administré par Islamabad.
- Bulletin of the Atomic Scientists : la revue qui a publié en 2019 une étude sur les conséquences d’une guerre nucléaire indo-pakistanaise.
Au fil de l’épisode
- 00:00:26 : un conflit hérité de la décolonisation de 1947
- 00:01:02 : le Cachemire, du choix du maharaja à la première guerre
- 00:02:08 : traité des eaux de l’Indus, guerre de 1965 et accord de Shimla
- 00:03:33 : l’insurrection séparatiste à partir de 1989
- 00:04:39 : déclaration de Lahore et guerre de Kargil
- 00:05:42 : la révocation du statut spécial du Cachemire en 2019
- 00:06:13 : les essais nucléaires de 1998
- 00:06:42 : l’attaque du 22 avril 2025 et l’opération Sindoor
- 00:07:14 : la dissuasion nucléaire n’empêche pas tous les conflits
- 00:08:24 : la politique intérieure et l’effet de ralliement autour du drapeau
- 00:09:21 : le poids des nationalismes religieux
- 00:11:15 : pourquoi le Pakistan sort gagnant en image
- 00:14:26 : perspectives, un éternel recommencement
- 00:15:46 : le risque d’escalade nucléaire
- 00:16:43 : les conséquences d’une guerre nucléaire selon une étude de 2019
FAQ
Pourquoi l’Inde et le Pakistan se disputent-ils le Cachemire ?
Selon l’IHEDN, le désaccord date de l’indépendance de 1947. Le Cachemire, à majorité musulmane mais dirigé par un maharaja hindou, pouvait rejoindre l’un ou l’autre État. Face à l’incursion de groupes armés pakistanais, le maharaja demande l’aide de l’Inde, qui exige son rattachement. Depuis, chaque pays revendique la partie contrôlée par l’autre.
Que s’est-il passé entre l’Inde et le Pakistan en mai 2025 ?
Après une attaque qui tue 26 civils le 22 avril 2025 dans le Cachemire administré par l’Inde, New Delhi accuse Islamabad et lance le 7 mai l’opération Sindoor. Suivent des engagements aériens et des échanges de missiles, de drones et d’obus, jusqu’à un cessez-le-feu le 10 mai, négocié en partie sous l’égide des États-Unis.
Pourquoi la dissuasion nucléaire n’a-t-elle pas empêché les affrontements ?
Pour l’IHEDN, la dissuasion empêche les guerres totales entre puissances nucléaires, pas les épisodes de violence limités ni les formes de subversion asymétriques. Les affrontements restent bornés dans le temps, l’espace et l’intensité, sans gain stratégique possible : seules des victoires tactiques et symboliques sont à la portée des belligérants.
Qui sort gagnant du conflit de mai 2025 selon l’IHEDN ?
Les deux pays se disent vainqueurs. L’analyse estime que le Pakistan, moins puissant sur le papier, en tire le plus grand bénéfice politique : avoir tenu tête à l’Inde permet à son armée de redorer son image en pleine crise politique et économique. L’Inde, elle, se retrouve à négocier d’égal à égal avec un pays qu’elle cherchait à marginaliser.
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