
Les Lundis de l'IHEDN, version audio des analyses de l'Institut des hautes études de défense nationale, reviennent sur la « guerre de la langouste ». Au début des années 1960, des pêcheurs bretons posent leurs casiers sur le plateau continental brésilien, au large de Pernambouc. La querelle tourne à la crise diplomatique et militaire entre Paris et Brasilia, autour d'une question inattendue : la langouste marche-t-elle ou nage-t-elle ? L'épisode montre comment cette dispute a préfiguré le droit de la mer et l'usage du droit comme arme.
Une langouste au cœur d’un bras de fer naval
Cette analyse audio de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) retrace la crise qui opposa la France et le Brésil de 1961 à 1964. Des pêcheurs bretons, confrontés à la raréfaction des ressources de l’Atlantique Nord, viennent pêcher la langouste sur le plateau continental brésilien. Brasilia s’appuie sur la Convention de Genève de 1958 : la langouste, qui marche sur le fond, serait une ressource sédentaire du plateau. Paris soutient qu’elle nage, donc qu’elle relève des eaux internationales. L’épisode raconte l’envoi de l’escorteur d’escadre Tartu, l’accord de décembre 1964 et ce que la crise annonce de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982.
Pour aller plus loin
FAQ
Qu’est-ce que la guerre de la langouste ?
C’est une crise diplomatique et militaire entre la France et le Brésil, ouverte en 1961 quand la marine brésilienne arraisonne des navires de pêche bretons au large du nord-est du pays. Selon l’analyse de l’IHEDN, la tension culmine début 1963 avec l’envoi de bâtiments français, puis s’apaise sans qu’un coup de feu soit tiré.
Pourquoi la question de savoir si la langouste nage ou marche était-elle décisive ?
La Convention de Genève de 1958 donne à l’État côtier des droits exclusifs sur les espèces sédentaires de son plateau continental. Si la langouste marche sur le fond, elle appartient au Brésil ; si elle nage, elle est une ressource libre d’accès. L’amiral brésilien Paulo Moreira da Silva répliqua que, dans ce cas, un kangourou serait un oiseau.
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