
Le colonel Frédéric Leborgne est chef de corps du 2e groupement d'incendie et de secours de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, à la caserne Masséna, dans le 13e arrondissement. Il commande plus de 1 700 sapeurs-pompiers. Au micro de Defcast, le podcast du ministère des Armées, il retrace plus de vingt ans de carrière : l'entrée à la brigade, la gestion de crise nationale pendant l'ouragan Irma et les attentats de 2015, la planification militaire des Jeux de Paris 2024, et les défis d'un commandement exposé à une forte sollicitation.
Un parcours tourné vers les autres
Le colonel Frédéric Leborgne, chef de corps du 2e groupement d’incendie et de secours de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), reçoit Defcast à la caserne Masséna, qu’il présente comme la plus grande caserne d’Europe. Son groupement, l’équivalent d’un régiment, couvre 44 des 47 communes du Val-de-Marne et un tiers de Paris. Fils d’un adjudant-chef, élève moyen devenu premier de sa classe en première, il voulait entrer à la brigade comme sapeur-pompier, sans viser d’abord l’épaulette ; orienté vers la voie d’officier, il passe par Saint-Cyr, la division d’application du génie, puis deux ans en régiment avant d’y parvenir. Revêtir la tenue fut pour lui « un poids », celui d’un engagement pour les autres. « On ne peut pas faire ce métier si on ne pense pas aux autres », dit-il : l’altruisme est la première qualité qu’il attend, avant l’exigence. À partir de 2013, il sert au Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC), d’abord pour assurer la veille nationale de la sécurité civile, puis à la planification, pendant des crises comme l’ouragan Irma ou les attentats de 2015. Il assure n’avoir jamais connu la sidération : l’équipe était préparée et savait quoi faire.
Il évoque aussi un suivi psychologique qui aide à vivre avec les drames, et une passion personnelle : la sculpture de troncs à la tronçonneuse.
De Paris 2024 au commandement du groupement
Parmi les interventions qui l’ont le plus marqué, Frédéric Leborgne cite une opération de secours à personne d’une dizaine d’heures pour transporter à l’hôpital un homme gravement malade de 250 kilos, en préservant sa dignité face aux médias. Il raconte ensuite les deux années passées à l’état-major de zone de défense et de sécurité, chargé de la planification des grands événements puis sous-chef opérations, pour préparer l’engagement de 13 000 militaires pendant les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Chef de corps depuis plus d’un an, il commande 1 731 sapeurs-pompiers et un groupement qui assure en moyenne 350 à 380 interventions par jour. Son premier défi est la sursollicitation : 80 % des interventions sont des secours à personne, parfois sans réelle urgence, la brigade étant souvent le dernier rempart face à la détresse sociale. Le second est de préserver le temps d’entraînement de ses hommes. Il reconnaît avoir toujours peur pour eux, plus que pour lui-même, et décrit la gestion de la pression médiatique, comme lors de l’incendie de Notre-Dame de Paris.
Il raconte enfin sa visite, pendant ses vacances, au détachement de son groupement envoyé en renfort contre les feux de forêt dans l’Aude.
Les références de l’épisode
- La brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) : l’unité militaire dont relève le 2e groupement d’incendie et de secours.
- La caserne Masséna : le siège du groupement, dans le 13e arrondissement de Paris.
- Saint-Cyr et la division d’application du génie : les étapes de sa formation d’officier.
- Le Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC) : où il a servi à partir de 2013.
- L’ouragan Irma : la crise qui l’a mobilisé près d’un mois et demi.
- Les attentats de 2015 : une crise gérée depuis le centre opérationnel.
- Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 : dont il a planifié l’engagement militaire.
- L’incendie de Notre-Dame de Paris : cité pour la pression médiatique autour des interventions.
Au fil de l’épisode
- 00:00:26 : la caserne Masséna et le 2e groupement d’incendie et de secours
- 00:01:20 : la sculpture à la tronçonneuse
- 00:02:08 : entrer à la brigade de sapeurs-pompiers de Paris
- 00:03:56 : de Saint-Cyr au génie, un parcours d’officier
- 00:04:39 : le poids de la tenue
- 00:06:07 : altruisme et exigence
- 00:06:34 : le COGIC et la gestion de crise nationale
- 00:08:09 : Irma et les attentats de 2015
- 00:10:18 : vivre avec les drames
- 00:11:06 : l’intervention qui l’a le plus marqué
- 00:12:18 : planifier l’engagement des armées pour Paris 2024
- 00:14:14 : le quotidien d’un chef de corps
- 00:15:36 : sursollicitation et préparation opérationnelle
- 00:16:33 : la peur pour ses hommes
- 00:17:46 : capital sympathie et pression médiatique
- 00:19:08 : les feux de forêt dans l’Aude
- 00:20:53 : la famille et la suite de sa carrière
FAQ
Qui est le colonel Frédéric Leborgne ?
Frédéric Leborgne est colonel et chef de corps du 2e groupement d’incendie et de secours de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris, basé à la caserne Masséna. Officier passé par Saint-Cyr, il a servi au COGIC et planifié l’engagement des armées pour Paris 2024. Il commande 1 731 sapeurs-pompiers.
Que couvre le 2e groupement d’incendie et de secours ?
Selon le colonel Leborgne, ce groupement, l’équivalent d’un régiment, protège la population et les biens de 44 des 47 communes du Val-de-Marne et d’un tiers de Paris. Il assure en moyenne 350 à 380 interventions par jour, dont 80 % de secours à personne.
Qu’est-ce que le COGIC ?
Le Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises assure, selon Frédéric Leborgne, une veille nationale de toutes les interventions de sécurité civile en France, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et prépare la gestion des crises majeures pouvant engager le ministre. Il y a servi pendant l’ouragan Irma et les attentats de 2015.
Quels sont les défis d’un chef de corps des pompiers de Paris ?
Le colonel Leborgne cite d’abord la sursollicitation, liée à des appels qui relèvent souvent de la détresse sociale plus que de l’urgence, puis la nécessité de préserver l’entraînement de ses sapeurs-pompiers. Il ajoute la préservation de leur santé et la gestion des risques auxquels il les expose.
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