
Le général de brigade aérienne Bruno Cunat dirige le Centre des hautes études militaires (CHEM), créé en 1911, qui forme chaque année une trentaine de colonels repérés pour devenir les hauts cadres des armées. Dans Defcast, le podcast du ministère des Armées, il explique comment ces auditeurs sont sélectionnés, ce qu'ils apprennent en dix mois et quelles qualités il attend d'un chef face aux crises. Ancien pilote de chasse, il revient aussi sur sa mission de police du ciel dans les pays baltes en 2011 et sur ses années en Grande-Bretagne.
Une trentaine de colonels pour diriger les armées de demain
Dans cet épisode de Defcast, le podcast du ministère des Armées, le général de brigade aérienne Bruno Cunat, directeur du Centre des hautes études militaires (CHEM), présente l’échelon le plus élevé de l’enseignement militaire en France. Là où l’École de guerre forme chaque année environ 200 commandants et lieutenants-colonels, le CHEM accueille des colonels ou équivalents en bien plus petit nombre : la 75e session compte 33 auditeurs, 26 Français et 7 venus de pays de l’OTAN, pour une dizaine de mois à Paris, en parallèle de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Il n’y a pas de concours : les chefs d’état-major d’armée et les directeurs de services proposent des officiers à haut potentiel, et le chef d’état-major des armées arrête la liste. Les critères, selon le général, sont le leadership, la capacité de travail, la vision et l’aptitude à travailler en interarmées, en interministériel et à l’international. La scolarité enchaîne une quinzaine de séminaires construits par les auditeurs eux-mêmes, avec des intervenants extérieurs (grands adjoints du ministre, chefs d’état-major, patrons d’entreprise, magistrats, services de renseignement, et aussi des contradicteurs), des travaux de groupe et des voyages d’études. Pour suivre les priorités du chef d’état-major des armées, le CHEM renforce l’enseignement de la stratégie militaire en vue d’une confrontation majeure en Europe, la pratique de l’anglais et les liens avec le monde économique. Pour Bruno Cunat, un chef doit d’abord être « résilient, physiquement, psychiquement, pour pouvoir encaisser les chocs », et porter une autorité « positive ». Il cite comme modèles la génération d’officiers généraux qui a bâti la dissuasion nucléaire après 1945, jusqu’à la première mission de permanence du Mirage IV en 1964. Lorrain des Vosges, sans famille militaire, il raconte ensuite son choix de l’armée de l’air pour sa technicité, ses années de pilote de chasse et, en 2011, la mission de police du ciel qu’il a menée avec son escadron dans les pays baltes, où les avions russes venaient déjà frôler l’espace aérien de ces pays. Il évoque enfin deux postes en Grande-Bretagne, qui lui ont appris l’instruction tactique britannique et le commandement par l’intention, et son passage à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS).
À l’issue du CHEM, les auditeurs rejoignent des états-majors, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) ou des cabinets ministériels. Le général souhaite surtout « continuer à servir » sans sacrifier sa vie personnelle et familiale.
Les références de l’épisode
- Centre des hautes études militaires (CHEM) : créé en 1911, devenu interarmées en 1952, il forme les futurs hauts cadres des armées.
- École de guerre : la formation des commandants et lieutenants-colonels, à laquelle le CHEM succède dans la carrière.
- Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) : les auditeurs du CHEM suivent aussi sa scolarité.
- Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) : l’une des affectations possibles après le CHEM.
- Mirage IV : l’avion de la première mission de permanence de la dissuasion aéroportée, en 1964.
- Police du ciel dans les pays baltes : la mission conduite par Bruno Cunat avec son escadron en 2011.
- Mission Command : le commandement par l’intention pratiqué par les Britanniques.
Au fil de l’épisode
- 00:00:02 : présentation du général Bruno Cunat
- 00:00:59 : CHEM et École de guerre, deux niveaux de formation
- 00:01:51 : l’histoire du CHEM depuis 1911
- 00:02:47 : la sélection des auditeurs
- 00:04:15 : les auditeurs étrangers
- 00:04:50 : séminaires, intervenants et voyages d’études
- 00:06:40 : le rôle du directeur
- 00:07:31 : former des chefs pour un monde de crises
- 00:08:31 : les qualités d’un bon chef
- 00:09:25 : les bâtisseurs de la dissuasion nucléaire comme modèles
- 00:10:44 : les priorités du chef d’état-major des armées
- 00:12:10 : l’état d’esprit des auditeurs
- 00:13:32 : le bagage et les postes après le CHEM
- 00:15:06 : des Vosges à l’armée de l’air
- 00:15:56 : les années de pilote de chasse
- 00:17:00 : la police du ciel dans les pays baltes en 2011
- 00:18:09 : les expériences britanniques
- 00:19:48 : le passage à la DGRIS
- 00:21:04 : un parcours varié
FAQ
Qui est Bruno Cunat ?
Le général de brigade aérienne Bruno Cunat dirige le Centre des hautes études militaires (CHEM). Originaire des Vosges, ancien pilote de chasse de l’armée de l’air, il a commandé un escadron en mission de police du ciel dans les pays baltes en 2011, servi deux fois en Grande-Bretagne et travaillé à la DGRIS et au SGDSN.
Qu’est-ce que le Centre des hautes études militaires ?
Le CHEM est le niveau le plus élevé de l’enseignement militaire en France. Créé en 1911 et interarmées depuis 1952, il accueille pendant une dizaine de mois une trentaine de colonels ou équivalents, français et alliés, repérés pour devenir des hauts cadres dirigeants du ministère des Armées.
Comment sont sélectionnés les auditeurs du CHEM ?
Il n’y a pas de concours. Selon Bruno Cunat, les chefs d’état-major d’armée et les directeurs de services proposent des officiers à haut potentiel, choisis pour leur leadership, leur capacité de travail et leur vision, et le chef d’état-major des armées arrête la liste. Les auditeurs étrangers sont désignés par leur pays.
Quelles qualités un chef militaire doit-il avoir selon le directeur du CHEM ?
Bruno Cunat place d’abord la résilience, physique et psychique, pour encaisser les chocs et durer. Il attend ensuite d’un chef qu’il discerne une vision, la diffuse de façon pragmatique et positive, et incarne une autorité qui ne soit pas négative, faute de quoi lui et son organisation s’essoufflent.
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