
Le caporal-chef Matthieu est membre opérationnel de soute au 5e régiment d'hélicoptères de combat, à Pau. Le Defcast, podcast du ministère des Armées, l'a d'abord rencontré à bord d'un NH90 Caïman en vol, puis au sol pour revenir sur une carrière en plusieurs étapes. Coiffeur avant de s'engager, il a servi sept ans comme parachutiste, de l'île Europa au Mali, a pris une année pour voyager, puis est revenu pour passer la sélection exigeante de son métier actuel.
Du salon de coiffure à la soute du Caïman
Le caporal-chef Matthieu est membre opérationnel de soute (MOS) au 5e régiment d’hélicoptères de combat, à Pau. Dans le Defcast, le podcast du ministère des Armées, il explique ce métier : gérer la soute d’un hélicoptère NH90 Caïman, le personnel et le matériel embarqués, la sécurité autour de l’appareil, avec des qualifications pour l’aérocordage (descente des commandos en rappel ou à la corde lisse), l’élingage de charges, le treuil et la mitrailleuse de sabord. Avant l’armée, il a été coiffeur pendant trois ans, avant d’arrêter à cause d’allergies aux produits. Engagé au 35e régiment d’artillerie parachutiste, il y reste sept ans : il saute en parachute avant d’avoir jamais atterri en avion, passe deux mois sur l’île Europa comme opérateur radio en morse et part au Mali dès le début du conflit, où son unité combat sept heures dans la vallée de l’Ametettaï et perd un camarade. Après une formation inachevée au 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine, il quitte l’armée pour un voyage d’un an en sac à dos, interrompu par le Covid en Nouvelle-Zélande. De retour, il prépare la sélection de MOS : une semaine de tests pour une cinquantaine de candidats et cinq ou six places par an, selon lui, puis six semaines de formation.
Il décrit un quotidien fait de briefings, de préparation de la machine selon chaque mission et de vols avec des unités de tous types. À un jeune qui hésite, il conseille d’y aller « à 1000 % ».
Les références de l’épisode
- 5e régiment d’hélicoptères de combat : son régiment actuel, à Pau.
- NH90 Caïman : l’hélicoptère de manœuvre et d’assaut sur lequel il vole.
- 35e régiment d’artillerie parachutiste : son premier régiment, où il a servi sept ans.
- Île Europa : île du canal du Mozambique où il a passé deux mois comme opérateur radio.
- Vallée de l’Ametettaï : lieu des combats au Mali qui l’ont marqué au début de sa carrière.
- 1er régiment de parachutistes d’infanterie de marine : régiment des forces spéciales dont il a commencé la formation.
Au fil de l’épisode
- 00:00:30 : le métier de membre opérationnel de soute, enregistré à bord d’un Caïman en vol
- 00:02:16 : de la coiffure à l’engagement dans l’armée
- 00:03:31 : le choix du 35e régiment d’artillerie parachutiste et le premier saut
- 00:05:05 : deux mois sur l’île Europa
- 00:05:37 : le départ au Mali et les combats de la vallée de l’Ametettaï
- 00:07:21 : la formation au 1er RPIMa puis le voyage d’un an
- 00:09:36 : le retour dans l’armée et la découverte de l’aviation légère
- 00:10:26 : la sélection et la formation de membre opérationnel de soute
- 00:11:58 : une journée type et le NH90 Caïman
- 00:14:07 : évolution, qualifications et travail avec les unités particulières
- 00:16:04 : ses conseils à un jeune qui hésite à s’engager
FAQ
Qu’est-ce qu’un membre opérationnel de soute dans l’armée de Terre ?
Selon le caporal-chef Matthieu, le MOS gère la soute de l’hélicoptère : personnel et matériel transportés, sécurité de l’environnement de l’appareil. Il est qualifié sur des missions comme l’aérocordage, l’élingage de charges ou le treuil, et peut servir une mitrailleuse de sabord. Il prépare la machine avant chaque vol en fonction de la mission.
Comment devient-on membre opérationnel de soute ?
On ne peut pas s’engager directement dans ce métier : la sélection est interne à l’armée de Terre. Le caporal-chef Matthieu décrit une semaine de tests physiques, théoriques et psychotechniques, pour une cinquantaine de candidats et cinq ou six places par an, suivie d’environ six semaines de formation. Il conseille de bien se renseigner et de se préparer en amont.
Peut-on passer d’un métier civil à l’armée en cours de route ?
C’est le parcours du caporal-chef Matthieu : coiffeur pendant trois ans, il s’engage ensuite au 35e régiment d’artillerie parachutiste, quitte l’armée pour un an de voyage, puis y revient pour changer de spécialité. Il explique que les expériences vécues comme des échecs l’ont conduit à son poste actuel.
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