
Dans la série estivale « Unpopular opinions » du Collimateur, Antoine Bourguilleau, wargamer, historien et traducteur, défend une opinion tranchée : personne n'est capable de retracer le déroulement précis d'une bataille antique. Face à Alexandre Jubelin, André Loez et Quentin Censier, il s'en prend aux récits bien ordonnés et aux cartes fléchées, et explique ce que l'on peut tout de même établir sur ces combats.
Les batailles antiques, un récit impossible
Antoine Bourguilleau, wargamer, historien et traducteur, soutient dans ce format court que les récits détaillés des batailles de l’Antiquité ne reposent sur rien de solide. Il pointe des sources écrites un à plusieurs siècles après les faits, des récits construits sur le même modèle (harangue du chef, anecdotes), un terrain mal localisé, même pour Cannes, et des effectifs invraisemblables, comme le million de Perses avancé pour Platées. Selon lui, on peut seulement établir que l’on combat sur un terrain dégagé, avec un commandement à vue très limité, et que l’entraînement des unités pèse lourd. Un autre participant prolonge : la logistique et la santé comptent davantage que les batailles.
Pour aller plus loin
- Unpopular opinions #8 : Athènes
- Unpopular opinions #9 : Rome
- Unpopular opinions #18 : La cavalerie lourde
FAQ
Pourquoi ne peut-on pas reconstituer une bataille antique avec précision ?
Selon Antoine Bourguilleau, les auteurs antiques écrivent souvent un ou plusieurs siècles après les faits, sans dire d’où viennent leurs informations, et leurs récits suivent un schéma répétitif. Le lieu exact de nombreuses batailles reste inconnu, Cannes comprise, et les effectifs avancés sont souvent impossibles, comme le million d’hommes de l’armée perse à Platées.
Que peut-on tout de même savoir de ces combats ?
D’après Antoine Bourguilleau, le terrain devait être dégagé car le commandement se faisait à vue, sans moyen de communication, ce qui limitait l’influence des généraux. L’entraînement des unités, l’écart entre vétérans et recrues et la supériorité numérique semblent décisifs, tout comme, ponctuellement, un chef capable de prendre une décision au bon endroit.
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