
Le podcast des Lundis de l'IHEDN, version audio des articles de l'Institut des hautes études de défense nationale, consacre cet épisode à Austerlitz, 220 ans après la bataille. Avec l'éclairage d'historiens, il raconte comment Napoléon a trompé les armées russe et autrichienne le 2 décembre 1805, comment il a lui-même forgé la légende de cette victoire, et pourquoi elle structure encore la pensée militaire et la vie des élèves officiers de Saint-Cyr.
Austerlitz, la bataille la plus étudiée au monde
Dans cette version audio d’un article des Lundis de l’IHEDN, l’Institut des hautes études de défense nationale revient sur la victoire de Napoléon Ier à Austerlitz, la « bataille des Trois Empereurs » du 2 décembre 1805, et explique pourquoi elle est toujours étudiée 220 ans plus tard. Le récit s’appuie sur trois spécialistes : le directeur des études et de la recherche de l’IHEDN, pour qui Austerlitz est « la bataille la plus réfléchie, la plus pensée et la plus analysée au monde », l’historien belge Bruno Colson, et un responsable de la Fondation Napoléon. Il rappelle le déroulé : parti du camp de Boulogne-sur-Mer, vainqueur à Ulm puis maître de Vienne, Napoléon fait face en Moravie, dans l’actuelle Tchéquie, aux armées russe et autrichienne commandées par leurs empereurs. Avec environ 50 000 hommes, il simule une faiblesse sur son flanc droit et abandonne le plateau qui domine le champ de bataille ; les alliés dégarnissent leur centre, et l’attaque française, surgie du brouillard, coupe leur armée en deux. La paix de Presbourg suit fin décembre. L’épisode démonte aussi la légende écrite dès le lendemain par l’Empereur : la bataille a duré plus de neuf heures, les adversaires étaient 90 000 et non 100 000, et, selon le spécialiste de la Fondation Napoléon, personne n’est mort noyé dans les étangs gelés. Il retrace enfin l’influence de la bataille sur la pensée militaire, jusqu’au capitaine Charles de Gaulle, qui y voyait en 1921 à Saint-Cyr « un exemple immortel » du principe d’économie des forces.
À l’école spéciale militaire de Saint-Cyr, la bataille rythme encore la scolarité : les dix mois portent les lettres du mot Austerlitz, et une reconstitution, le « 2S », réunit chaque année environ 400 élèves.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Bataille d’Austerlitz : la victoire de Napoléon Ier sur les armées russe et autrichienne, le 2 décembre 1805, en Moravie.
- Troisième coalition : l’alliance du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche, anéantie par la bataille.
- Paix de Presbourg : signée fin décembre 1805, après la demande de paix de l’empereur d’Autriche.
- Camp de Boulogne-sur-Mer : où la Grande Armée s’est entraînée pendant deux ans avant la campagne.
- Cambridge History of the Napoleonic Wars : l’ouvrage de référence codirigé par Bruno Colson.
- Fondation Napoléon : dont un responsable éclaire la légende construite par l’Empereur.
- École spéciale militaire de Saint-Cyr : créée en 1802, où la bataille structure la scolarité depuis le Second Empire.
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 : pourquoi Austerlitz a frappé les esprits
- 00:01:32 : les forces en présence au matin du 2 décembre 1805
- 00:02:58 : la ruse de Napoléon et la rupture du centre allié
- 00:03:53 : une victoire décisive et ses conséquences politiques
- 00:04:32 : les raisons du succès : reconnaissance, adaptabilité, unité de commandement
- 00:06:29 : la légende écrite par Napoléon lui-même
- 00:08:47 : l’influence sur la pensée militaire, de la guerre de Sécession à de Gaulle
- 00:11:48 : Austerlitz à Saint-Cyr, toute l’année
FAQ
Pourquoi la bataille d’Austerlitz est-elle si célèbre ?
D’après l’épisode, Napoléon y remporte en moins d’une journée une victoire décisive, en infériorité numérique et loin de ses bases, après avoir trompé ses adversaires. Trois armées commandées par leurs empereurs s’affrontaient, un an jour pour jour après son couronnement. La victoire met fin à la troisième coalition et consolide l’Empire.
Comment Napoléon a-t-il gagné à Austerlitz ?
Selon les historiens cités, il simule une faiblesse sur son flanc droit et abandonne le plateau qui domine le champ de bataille. Les Russes et les Autrichiens concentrent leurs forces au sud et dégarnissent leur centre. L’attaque française, lancée depuis le brouillard, coupe l’armée alliée en deux, tandis que des renforts réduisent l’infériorité numérique française.
Des soldats se sont-ils noyés dans les étangs gelés d’Austerlitz ?
Non, selon le responsable de la Fondation Napoléon interrogé. Cette image vient de la proclamation de Napoléon à ses soldats. Les étangs ont été vidés en 1806 et l’on n’y a trouvé que quelques cadavres de chevaux et du matériel. La fuite à travers les étangs a eu un effet psychologique, mais la victoire était déjà acquise.
Qu’est-ce que le 2S à Saint-Cyr ?
C’est la reconstitution annuelle de la bataille d’Austerlitz à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr. Environ 400 élèves s’y affrontent autour d’un vallon et d’un petit plateau : les élèves de première année jouent les Austro-Russes, leurs aînés les Français. La fête comprend aussi une partie mémorielle, avec la mention des Saint-Cyriens morts dans l’année.
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