
Cyrille Cosmao, que la description présente comme ancien officier de marine et que l'émission accueille en photographe aéronautique, vient présenter son livre consacré au Rafale Marine au micro de Jean-Baptiste Noé, pour la revue Conflits. Fort d'une vingtaine d'embarquements, il décrit ce qui distingue la version embarquée de l'avion de Dassault, le catapultage et l'appontage sur le Charles de Gaulle, le travail des équipes du pont et des armuriers, l'arrivée des drones, et la façon dont il prépare ses prises de vue en vol.
Un avion pensé pour le pont
Invité de Jean-Baptiste Noé pour la parution de son livre sur le Rafale Marine, Cyrille Cosmao commence par distinguer trois familles de porte-aéronefs : ceux qui emportent des avions à décollage court et atterrissage vertical, ceux qui disposent d’un tremplin en bout de pont, et les vrais porte-avions équipés de catapultes, capables de lancer un avion de près de 30 tonnes. Selon lui, seuls les États-Unis et la France en ont aujourd’hui en service. Le Rafale Marine est à plus de 80 % le même avion que les autres Rafale, conçu dès l’origine pour être embarqué, et ne pèse qu’un peu plus de 600 kg de plus. Ses différences tiennent surtout au train d’atterrissage, renforcé et relié au chariot de catapulte, et à la crosse d’appontage qui accroche l’un des trois brins (les câbles tendus sur le pont) pour arrêter l’avion, arrivé à environ 250 km/h, en une centaine de mètres. Les pilotes s’entraînent d’abord à terre, par des appontages simulés sur piste sous l’œil d’un officier d’appontage, avant d’être qualifiés sur le porte-avions, la qualification de nuit étant la plus difficile. Il décrit le Charles de Gaulle comme l’équivalent d’une base aérienne autonome, avec près de 2 000 marins, des mécaniciens de toutes spécialités et des armuriers qui préparent la nuit l’armement de la mission du lendemain : missiles air-air Mica et Meteor, missile antinavire, bombes guidées, et leurres thermiques qui détournent les missiles guidés par la chaleur.
Sur le pont, les tenues de couleur identifient chaque fonction et les équipes communiquent beaucoup par gestes : il parle d’un « ballet » où un avion peut apponter chaque minute.
Photographier un chasseur en vol
Le Rafale Marine n’existant qu’en monoplace, Cyrille Cosmao ne peut pas monter en place arrière : il photographie depuis un hélicoptère de la Marine, porte ouverte et attaché à un harnais, en liaison radio avec le pilote du chasseur. Il prépare chaque image en amont, avec des schémas et un logiciel 3D, et affirme que « la prise de vue se réalise à 90 % au briefing », car un passage raté se rattrape difficilement. Les pilotes des deux appareils se coordonnent d’abord entre eux pour la sécurité, puisque « aucune photo ne vaut de se mettre en danger ». Sa vingtaine d’embarquements lui a permis de gagner la confiance des équipages et de travailler sur le pont, un lieu qu’il décrit comme extrêmement dangereux. Il revient enfin sur l’évolution de l’avion, opérationnel dans la Marine depuis 2004 et aujourd’hui au standard F4, capable d’emporter au catapultage l’équivalent de son poids en charges externes.
Sur les drones, révélés selon lui par la guerre en Ukraine, il voit une complémentarité avec l’avion de combat plutôt qu’un remplacement, l’avenir étant à ses yeux aux drones furtifs de grande taille.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Le Rafale Marine : le livre de photographies et de textes de Cyrille Cosmao présenté dans l’émission.
- Rafale Marine : la version embarquée du Rafale, en service dans la Marine depuis 2004.
- Porte-avions Charles de Gaulle : le bâtiment d’où opèrent les Rafale Marine, avec près de 2 000 marins à bord.
- Dassault Aviation : le constructeur du Rafale, qui fait voler depuis plus de dix ans un drone furtif.
- Mica et Meteor : les missiles air-air de moyenne et de longue portée du Rafale.
- Revue Conflits : la revue de géopolitique qui produit le podcast.
Au fil de l’épisode
- 00:01:01 : Présentation de l’invité et de son livre sur le Rafale Marine
- 00:02:04 : Les trois types de porte-aéronefs
- 00:03:26 : Le Charles de Gaulle et le réglage des catapultes
- 00:04:02 : Les équipes autour de l’avion
- 00:04:51 : Photographier un Rafale en vol depuis un hélicoptère
- 00:06:21 : Le briefing, clé de la prise de vue
- 00:07:06 : Vingt embarquements avec la Marine
- 00:08:21 : Ce qui distingue le Rafale Marine des autres Rafale
- 00:09:48 : L’appontage et les brins d’arrêt
- 00:10:50 : La formation des pilotes à l’appontage
- 00:11:50 : Le porte-avions, une base aérienne autonome
- 00:12:22 : L’armement du Rafale Marine
- 00:15:09 : Les armuriers et la préparation des missions
- 00:15:37 : Les leurres thermiques
- 00:18:28 : L’avion et le porte-avions conçus l’un pour l’autre
- 00:19:14 : Communiquer sur le pont : couleurs et gestes
- 00:20:41 : Les séries de catapultages et d’appontages
- 00:23:13 : Le Rafale Marine depuis 2004 et le standard F4
- 00:23:45 : Drones et avions de combat
FAQ
Qui est Cyrille Cosmao ?
Cyrille Cosmao est présenté par la description de l’épisode comme un ancien officier de marine, spécialiste des questions navales et aéronavales, et dans l’émission comme photographe aéronautique. Il a embarqué une vingtaine de fois avec la Marine nationale et signe un livre de photographies consacré au Rafale Marine.
Quelle différence entre le Rafale Marine et les autres Rafale ?
Selon Cyrille Cosmao, le Rafale Marine est à plus de 80 % identique aux autres versions et ne pèse qu’un peu plus de 600 kg de plus. Il se distingue par un train d’atterrissage renforcé, relié au chariot de catapulte pour le décollage, et par une crosse d’appontage qui accroche un câble du pont pour l’arrêter à l’atterrissage.
Comment un Rafale Marine apponte-t-il sur le Charles de Gaulle ?
L’avion arrive à environ 250 km/h et le pilote vise l’un des trois brins, des câbles tendus en travers du pont. La crosse d’appontage accroche le brin, qui arrête l’avion en une centaine de mètres. Les pilotes s’y préparent par des appontages simulés à terre avant d’être qualifiés à bord, de jour puis de nuit.
Comment photographie-t-on un Rafale Marine en vol ?
Le Rafale Marine étant monoplace, Cyrille Cosmao photographie depuis un hélicoptère de la Marine, porte ouverte et attaché à un harnais, en contact radio avec le pilote. Il prépare chaque image au briefing avec des schémas et un logiciel 3D, car le temps de vol est compté et une photo manquée se refait difficilement.
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