
Jean-Baptiste Noé, directeur de la revue Conflits, consacre une émission « cartes sur table » au détroit d'Ormuz, passage de 53 kilomètres entre le golfe Persique et l'océan Indien. En trois cartes, il montre qui borde le détroit, quels pays y font passer leurs hydrocarbures et vers où partent les barils. Sa conclusion va contre une idée répandue : selon lui, l'Iran n'a aucun intérêt à bloquer un passage dont le pétrole va d'abord vers la Chine.
Trois cartes pour un détroit
Dans cette analyse du podcast de la revue Conflits, Jean-Baptiste Noé présente le détroit d’Ormuz, large d’environ 53 kilomètres et bordé au nord par l’Iran, au sud par les Émirats arabes unis et Oman. Les îles occupées par l’Iran restent un sujet de discorde avec les Émirats. L’Irak, le Koweït, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar et les Émirats exportent par ce passage l’essentiel de leurs hydrocarbures. Selon les chiffres qu’il cite, 14,2 millions de barils y transitent chaque jour, dont 5,3 millions venus d’Arabie saoudite, et plus de 90 % partent vers l’Asie, la Chine en tête. Il en conclut que l’Iran n’a pas intérêt à bloquer le détroit, sauf s’il était acculé.
Pour aller plus loin
Au fil de l’épisode
- 00:01:06 : les points, les lignes et les espaces, la méthode de Conflits
- 00:01:38 : la géographie du détroit et les pays qui le bordent
- 00:03:14 : la densité du trafic de tankers
- 00:05:28 : pourquoi les pays du Golfe tiennent à la stabilité de l’Iran
- 00:07:04 : où va le pétrole qui passe par Ormuz
- 00:08:47 : pourquoi l’Iran ne bloquerait pas le détroit
FAQ
Pourquoi le détroit d’Ormuz est-il stratégique ?
Large d’environ 53 kilomètres, il relie le golfe Persique au golfe d’Oman et voit passer une grande partie du pétrole et du gaz mondiaux. D’après Jean-Baptiste Noé, 14,2 millions de barils par jour y transitent, exportés par l’Irak, le Koweït, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar et les Émirats arabes unis.
L’Iran peut-il bloquer le détroit d’Ormuz ?
Jean-Baptiste Noé estime que l’Iran n’a aucune raison de le faire : plus de 90 % du pétrole qui y passe va vers l’Asie, et plus d’un tiers vers la Chine, son principal allié. Bloquer Ormuz reviendrait à pénaliser l’économie chinoise. Seul un Iran acculé pourrait, selon lui, s’y résoudre.
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