
Jean-Baptiste Noé, qui dirige la revue Conflits, consacre son étude de cartes hebdomadaire aux Antilles et à la mer des Caraïbes, un espace où circulent navires, drogues et réseaux criminels, et où la France est présente par ses territoires. En quatre cartes, il montre ce que la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy pèsent face aux États-Unis, au Venezuela et à Cuba, et pourquoi cette présence engage des responsabilités souvent oubliées.
La France, puissance caraïbéenne
Dans cet épisode de Conflits consacré, comme chaque mardi, à une étude de cartes, Jean-Baptiste Noé s’appuie sur quatre cartes pour parler des Antilles et de la mer des Caraïbes. Il rappelle que la France y est présente avec quatre îles principales, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, la Guadeloupe et la Martinique, et qu’elle a ainsi des proximités frontalières avec les États-Unis par Porto Rico, avec le Venezuela, la République dominicaine, Haïti et Cuba. Selon lui, cet espace latin et américain concentre des enjeux économiques et sécuritaires majeurs qui concernent directement la France. Il détaille les routes de la cocaïne produite notamment en Colombie, qui transite par l’Amérique centrale et les Antilles vers les États-Unis mais aussi vers la France, en particulier par des gangs criminels vénézuéliens : il cite plusieurs gangs démantelés en Martinique et en Guadeloupe en 2025. Il revient sur le canal de Panama, commencé par des équipes françaises de Ferdinand de Lesseps puis achevé par les États-Unis, sur l’axe du Mississippi qui débouche à La Nouvelle-Orléans, et surtout sur Cuba, qui, selon lui, ferme ou ouvre la porte du golfe du Mexique entre le Yucatan et la Floride. Il évoque enfin le tourisme : d’après un responsable d’Air France qu’il cite sans le nommer, davantage de Français passent leurs vacances à Punta Cana que dans les Antilles françaises, ce qu’il relie au coût de la vie, à l’accueil et à l’instabilité politique et sociale.
Pour Jean-Baptiste Noé, cette présence ancienne reste mal connue des Français, alors qu’on ne peut défendre une zone qu’on n’aime pas et qu’il faut donc d’abord la faire connaître.
Au fil de l’épisode
- 00:01:02 : présentation de l’étude de cartes consacrée aux Antilles et à la mer des Caraïbes
- 00:01:35 : première carte, les Outre-mer français des Antilles et leurs voisins
- 00:02:37 : deuxième carte, les enjeux criminels et les routes de la drogue
- 00:03:41 : les gangs vénézuéliens démantelés en Martinique et en Guadeloupe en 2025
- 00:04:19 : le canal de Panama et le rôle des équipes de Ferdinand de Lesseps
- 00:04:52 : l’axe du Mississippi, La Nouvelle-Orléans et la position de Cuba
- 00:05:22 : Cuba, porte du golfe du Mexique et des routes vers le canal de Panama
- 00:06:31 : pourquoi les États-Unis ne voulaient pas de Cuba dans le giron soviétique
- 00:07:38 : la France aux premières loges, entre poids et responsabilités
- 00:08:11 : fiscalité et aménagement du territoire, des pistes évoquées
- 00:08:42 : Punta Cana plutôt que les Antilles françaises, la question du tourisme
- 00:09:38 : la stabilité politique comme condition du développement
- 00:10:13 : une présence ancienne et méconnue des Français
FAQ
Pourquoi la France est-elle une puissance caraïbéenne ?
Selon Jean-Baptiste Noé, la France est présente dans la mer des Caraïbes par Saint-Martin, Saint-Barthélemy, la Guadeloupe et la Martinique. Ces territoires lui donnent des proximités frontalières avec les États-Unis via Porto Rico, avec le Venezuela, la République dominicaine, Haïti et Cuba, dans un espace aux forts enjeux économiques et sécuritaires.
Comment le trafic de drogue des Caraïbes touche-t-il la France ?
D’après l’analyse de l’épisode, la cocaïne produite notamment en Colombie transite par l’Amérique centrale et les Antilles vers les États-Unis, mais aussi vers la France, en particulier par des gangs criminels vénézuéliens. Jean-Baptiste Noé cite plusieurs de ces gangs démantelés en Martinique et en Guadeloupe en 2025.
Pourquoi Cuba occupe-t-elle une position stratégique ?
Située entre la péninsule du Yucatan et la Floride, Cuba contrôle en quelque sorte la porte du golfe du Mexique et des routes venant du Mississippi, explique Jean-Baptiste Noé. Elle se trouve aussi sur la route du canal de Panama, ce qui oblige les navires à la contourner et constitue un moyen de pression.
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