
Un chef de bataillon de la Légion étrangère, prénommé Marc-Antoine, répond aux questions de Jean-Baptiste Noé dans Conflits, géopolitique, pour une série réalisée avec l'École de guerre Terre. Il explique comment cette troupe créée en 1831 recrute et forme des hommes venus de 144 pays, comment se transmettent ses traditions, ce que prévoient les contrats et la naturalisation, et pourquoi commander des légionnaires demande autant de rigueur que d'attention aux hommes.
Cent quarante-quatre nationalités, une seule troupe
Un chef de bataillon de la Légion étrangère, prénommé Marc-Antoine, ancien commandant d’unité au 2e régiment étranger, à Nîmes, explique à Jean-Baptiste Noé, dans un épisode de Conflits, géopolitique réalisé avec l’École de guerre Terre, comment fonctionne cette troupe créée en 1831. Il rappelle qu’elle est née d’une ordonnance de Louis-Philippe pour la conquête de l’Afrique du Nord et qu’elle prolonge une tradition plus ancienne de troupes étrangères au service de la France, dont elle a hérité ses couleurs, le vert et le rouge. Elle compte aujourd’hui, selon lui, environ 9 600 personnes, soit à peu près 12 % de la force opérationnelle terrestre, 144 nationalités et 85 % d’étrangers, les plus nombreux venant du Brésil, de Colombie et du Népal. Les candidats népalais sont plus nombreux depuis 2017 ou 2018, avec la baisse du recrutement de Népalais dans les régiments britanniques qui les accueillaient. Pour créer « l’amalgame », les recrues passent quatre mois d’instruction au 4e régiment étranger à Castelnaudary, dont un mois isolées dans une ferme sans téléphone. Les légionnaires sont tous contractuels, avec un premier contrat de cinq ans au titre de la Légion et non d’un régiment, et peuvent obtenir la nationalité française après de bons services ou, de façon accélérée, après avoir été blessés en opération. L’officier décrit un commandement « exigeant tout en étant bienveillant », attentif à des hommes qui vivent au quartier, loin de leur famille, et qui, pendant leur premier contrat, servent sous une identité déclarée.
Il voit dans la Légion la preuve qu’un modèle commun peut faire travailler ensemble des hommes de langues, de cultures et de religions différentes.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- École de guerre Terre : partenaire de la série d’émissions sur l’armée de terre.
- 4e régiment étranger : le régiment d’instruction de la Légion, à Castelnaudary.
- 2e régiment étranger : à Nîmes, où l’invité a commandé une unité.
- 3e régiment étranger d’infanterie : l’une des deux formations de la Légion outre-mer, en Guyane.
- Commandement de la Légion étrangère et 1er régiment étranger : à Aubagne, le cœur de la Légion.
- 13e demi-brigade de Légion étrangère : engagée à Narvik en 1940, faite compagnon de la Libération.
Au fil de l’épisode
- 00:01:03 : une série consacrée à l’armée de terre
- 00:02:04 : la création de la Légion étrangère en 1831
- 00:04:12 : traditions et symboles pour créer l’amalgame
- 00:06:10 : où sont implantés les régiments
- 00:07:51 : la Légion dans les deux guerres mondiales
- 00:09:19 : d’où viennent les légionnaires
- 00:11:41 : la formation à Castelnaudary
- 00:13:02 : les contrats et l’accès à la nationalité française
- 00:15:58 : se préparer aux différents théâtres d’opération
- 00:17:22 : commander des légionnaires
- 00:21:50 : un modèle d’intégration unique au monde
FAQ
Combien de nationalités compte la Légion étrangère ?
Selon l’officier interrogé, la Légion étrangère réunit 144 nationalités pour environ 9 600 personnes, dont 85 % d’étrangers. Les trois nationalités les plus représentées sont le Brésil, la Colombie et le Népal. Un Français peut aussi s’engager à la Légion : il reçoit alors une autre identité.
Comment un légionnaire peut-il obtenir la nationalité française ?
D’après le chef de bataillon, deux voies existent. Après un ou plusieurs contrats bien servis, le légionnaire peut obtenir un certificat de bonne conduite qui appuie un titre de séjour puis une demande de naturalisation. Un légionnaire blessé en opération bénéficie aussi d’une procédure de naturalisation accélérée, par le « sang versé ».
Combien de temps dure l’engagement à la Légion étrangère ?
Les légionnaires servant à titre étranger sont exclusivement contractuels. Le premier contrat dure cinq ans, sans possibilité de durée plus courte, et il est signé au titre de la Légion dans son ensemble et non d’un régiment. Il peut ensuite être renouvelé, et certains sous-officiers servent plus de trente ans sous contrat.
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