
Le porte-avions français Charles-de-Gaulle a franchi cette semaine le canal de Suez, il se dirige vers la mer d’Arabie qu’il devrait atteindre dans une semaine. Un « signal » que la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d’Ormuz. Le porte-avions et son escorte sont en mesure d’agréger une coalition navale et pour piloter une opération de déconfliction dans le détroit, le groupe aéronaval pourrait aussi se doter de nouveaux moyens de défense.
Et si la solution pour protéger une coalition navale, c’était le Tigre ? L’hélicoptère Tigre de l’armée de Terre a été testé en mars dernier aux Émirats arabes unis et, avec son canon de 30 mm et ses deux paniers de 22 roquettes, il s’est révélé véritablement efficace et dissuasif contre les drones iraniens. Alors, si la marine devait s’engager dans une opération de sécurisation d’Ormuz, elle souhaite avoir des Tigre à bord de ses frégates, indique l’amiral Thibault de Possesse. Il commande le groupe aéronaval et nous l’avons interrogé il y a une semaine sur le pont du Charles-de-Gaulle, qui se trouvait alors en Méditerranée orientale.
« Récemment, on a validé, grâce aux efforts de la DGA [Direction générale de l’armement] et aux efforts de la marine et de l’armée de terre, l’emploi d’hélicoptères Tigre sur les frégates de la marine nationale, explique l’amiral. Et donc on est capable aujourd’hui de faire poser et de faire décoller depuis les frégates de la marine ces hélicoptères de combat qui sont armés et qui sont adaptés à l’interception des drones. Ils ont démontré aujourd’hui aux Émirats arabes unis leur efficacité face à ce type de menace. »
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Les Tigre, un complément aux Rafale
L’amiral Thibault de Possesse poursuit : « C’est un excellent complément [aux Rafale qui tirent, eux, des missiles Mica]. D’abord parce que c’est un peu moins cher. Mais surtout, ça permet d’avoir une couche de défense supplémentaire. Les Rafale sont au loin, les hélicoptères sont plus près et, en dernier recours, on a des bateaux d’escorte qui peuvent escorter soit le porte-avions, soit d’autres bateaux si c’est nécessaire, comme on le fait aujourd’hui dans Bab-el-Mandeb. »
Si l’opération navale pour mettre fin au blocus voit le jour, il faudra être capable de rapidement déployer des moyens militaires pour empêcher d’éventuelles frictions. L’arrivée d’hélicoptères de combat de l’armée de terre sur les bateaux de la Marine nationale serait donc un gage de réassurance pour sécuriser les bâtiments civils, assure l’amiral Thibaud de Possesse. « Le retour des drones montre que les compétiteurs, les adversaires potentiels, essayent de nous prendre à contrepied et essayent de jouer des armes offensives de très bas coût pour qu’on s’épuise à dépenser des armes rares et très chères que sont nos missiles, surperformants par rapport à la menace, en réalité, analyse-t-il. Et donc nous, évidemment, on réagit et on ressort des armes moins chères qu’on a finalement dans notre arsenal. On essaye aussi de construire des drones anti-drones. »
Des hélicoptères Tigre aussi pour le Charles-de-Gaulle ?
« Alors poser un Tigre sur le Charles-de-Gaulle est assez simple, mais en réalité, ça n’a pas beaucoup d’intérêt parce qu’un porte-avions se tient très loin de la menace et donc un drone Shahed aujourd’hui aurait beaucoup de mal à trouver un porte-avions qui bouge par ailleurs, qui est loin de la menace, explique l’amiral. Et donc le guider sur un porte-avions, ça représente un défi très important. Il a quand même assez peu de chance de passer. »
L’environnement des mers chaudes ne nécessite pas de mariniser les appareils. Les hélicoptères Tigre de l’aviation légère de l’armée de terre pourraient donc très prochainement embarquer et ce serait une véritable révolution tactique et opérationnelle.
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