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Classé Secret Défense3 novembre 202624 min

Poison, kidnapping, hacking : comment la Corée du Nord frappe dans l’ombre

Attentats, enlèvements et cyberattaques des services secrets nord-coréens

Dans ce dossier de Classé Secret Défense, Marco Horanieh retrace cinq opérations attribuées aux services secrets nord-coréens, du Bureau général de reconnaissance aux groupes de hackers. L'attentat contre le vol Korean Air 858, l'enlèvement de Megumi Yokota, le commando de l'Unité 124 aux abords de la Maison Bleue, l'assassinat de Kim Jong-nam au VX et la cyberattaque contre Sony Pictures montrent comment un État isolé mise sur l'imprévisibilité plutôt que sur la puissance.

Un appareil clandestin au service de l’asymétrie

Ce dossier de Classé Secret Défense, présenté par Marco Horanieh, retrace cinq opérations attribuées aux services secrets nord-coréens pour expliquer comment un État isolé et sous sanctions cherche à frapper ses adversaires là où ils ne l’attendent pas. L’épisode rappelle d’abord que l’organisation exacte du renseignement nord-coréen reste difficile à connaître : les informations viennent de services étrangers, de transfuges, d’enquêtes judiciaires et de documents internationaux. Plusieurs structures liées au parti, aux forces armées et à la sécurité intérieure coexistent, dont le ministère de la Sécurité d’État, chargé du contre-espionnage. Pour l’action extérieure, un nom revient : le Bureau général de reconnaissance (RGB), présenté comme l’un des principaux instruments du renseignement militaire à l’étranger, associé à l’infiltration, au sabotage et, selon les autorités américaines, à des structures cyber. Le premier dossier est l’attentat contre le vol Korean Air 858, le 29 novembre 1987 : 115 personnes meurent au-dessus de la mer d’Andaman. Deux agents voyageant sous de fausses identités japonaises avaient quitté l’appareil à l’escale d’Abu Dhabi après y avoir laissé un explosif dissimulé dans un poste de radio. Arrêtés à Bahreïn, ils tentent de se suicider avec une capsule de cyanure cachée dans une cigarette ; l’un meurt, l’autre survit et devient une source essentielle sur la formation des agents. L’épisode replace l’attentat dans le contexte des Jeux olympiques de Séoul de 1988.

Le récit insiste sur une logique : l’agent est préparé à « mourir plutôt que parler », et sa survie peut devenir secondaire par rapport à la mission. L’épisode rappelle aussi qu’un témoignage d’ancien agent reste précieux sans constituer à lui seul la preuve de chaque détail.

Des plages japonaises au cyberespace

Deuxième dossier : les enlèvements de citoyens japonais dans les années 1970 et 1980, dont celui de Megumi Yokota, disparue en novembre 1977 à 13 ans. Selon les autorités japonaises citées, ces enlèvements devaient servir à former des agents capables de se faire passer pour des Japonais, les personnes enlevées devenant une sorte de « bibliothèque humaine ». Le gouvernement japonais reconnaît officiellement 17 victimes ; en 2002, Kim Jong-il reconnaît des enlèvements et cinq personnes rentrent au Japon, mais pas Megumi Yokota. Vient ensuite le raid de janvier 1968 : un commando de 31 hommes de l’Unité 124 franchit la frontière pour assassiner le président sud-coréen à la Maison Bleue, et il est stoppé à ses abords avant l’assaut. L’épisode revient ensuite sur l’assassinat de Kim Jong-nam, demi-frère de Kim Jong-un, en 2017 dans un aéroport de Malaisie, avec du VX, un agent neurotoxique : l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a condamné l’usage d’une arme chimique, et les deux femmes impliquées, qui disaient avoir cru à une caméra cachée, n’ont pas été condamnées pour meurtre. Dernier dossier, la cyberattaque de 2014 contre Sony Pictures, qui préparait une comédie satirique sur un complot visant Kim Jong-un : données volées, courriels publiés, films diffusés illégalement. Le FBI l’a attribuée au gouvernement nord-coréen, attribution contestée à l’époque par certains spécialistes.

Pour l’épisode, les outils changent mais la philosophie reste : « faire avec peu » pour obtenir un effet politique considérable. Il rappelle aussi que plusieurs de ces opérations ont échoué et que les services nord-coréens ne sont pas omnipotents.

Les références de l’épisode

  • Bureau général de reconnaissance (RGB) : principal instrument du renseignement militaire nord-coréen à l’étranger, selon l’épisode.
  • Vol Korean Air 858 : avion de ligne détruit le 29 novembre 1987, 115 morts.
  • Megumi Yokota : adolescente japonaise enlevée en novembre 1977, devenue le symbole de l’affaire des enlèvements.
  • Unité 124 : unité nord-coréenne dont 31 hommes ont tenté d’atteindre la Maison Bleue en janvier 1968.
  • Maison Bleue : la résidence présidentielle sud-coréenne à Séoul, visée par le commando.
  • Kim Jong-nam : demi-frère de Kim Jong-un, tué au VX en 2017 dans un aéroport de Malaisie.
  • Organisation pour l’interdiction des armes chimiques : a condamné l’usage d’une arme chimique dans l’assassinat de Kim Jong-nam.
  • Sony Pictures : studio américain visé par une cyberattaque massive en 2014.
  • FBI : a attribué publiquement la cyberattaque contre Sony Pictures au gouvernement nord-coréen.

Au fil de l’épisode

  • 00:00:00 : introduction, cinq opérations attribuées aux services nord-coréens
  • 00:01:38 : l’organisation du renseignement nord-coréen et le RGB
  • 00:03:23 : pourquoi Pyongyang mise sur des méthodes clandestines et asymétriques
  • 00:04:10 : l’attentat contre le vol Korean Air 858 en 1987
  • 00:05:29 : la formation des agents et le poison dissimulé dans une cigarette
  • 00:06:44 : le contexte des Jeux olympiques de Séoul
  • 00:09:24 : les enlèvements de citoyens japonais et le cas de Megumi Yokota
  • 00:11:27 : les 17 victimes reconnues et le sommet de 2002
  • 00:12:38 : le raid de l’Unité 124 contre la Maison Bleue en 1968
  • 00:15:38 : le renseignement au service de l’action
  • 00:17:15 : l’assassinat de Kim Jong-nam au VX en Malaisie
  • 00:20:04 : la cyberattaque contre Sony Pictures en 2014
  • 00:22:15 : les groupes de hackers associés au renseignement nord-coréen
  • 00:23:06 : conclusion, une force de frappe furtive et asymétrique

FAQ

Qu’est-ce que le RGB nord-coréen ?

Le Bureau général de reconnaissance (RGB) est présenté dans l’épisode comme l’un des principaux instruments du renseignement militaire nord-coréen à l’étranger. Il est associé à l’espionnage, à l’infiltration et au sabotage, et selon les autorités américaines à certaines structures impliquées dans les opérations cyber. Il coexiste avec d’autres organismes, dont le ministère de la Sécurité d’État.

Pourquoi la Corée du Nord a-t-elle enlevé des citoyens japonais ?

Selon les autorités japonaises citées dans l’épisode, ces enlèvements visaient notamment à former des agents nord-coréens capables de se faire passer pour des Japonais, en apprenant la langue, les habitudes et les références culturelles. Le gouvernement japonais reconnaît 17 victimes ; cinq sont revenues au Japon après le sommet de 2002.

Comment Kim Jong-nam a-t-il été tué ?

D’après l’épisode, le demi-frère de Kim Jong-un a été attaqué en 2017 dans un aéroport de Malaisie par deux femmes qui lui ont appliqué une substance sur le visage. Les analyses ont identifié du VX, un agent neurotoxique. Les deux femmes, qui disaient avoir cru à une caméra cachée, n’ont pas été condamnées pour meurtre.

Qui est responsable de la cyberattaque contre Sony Pictures en 2014 ?

Le FBI a attribué publiquement la cyberattaque au gouvernement nord-coréen, qui a nié en être responsable. L’épisode précise que cette attribution a été contestée par certains spécialistes à l’époque, car toutes les preuves du renseignement américain n’ont pas été rendues publiques. L’attaque avait suivi la préparation d’une comédie satirique visant Kim Jong-un.

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