
Vous le savez, 23 des 27 pays membres de l’Union européenne sont aussi des pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Cette OTAN qui compte par ailleurs 32 membres – dont les Etats-Unis – est de plus en plus mise sous pression par Donald Trump. Se pose alors avec une forte acuité la question suivante : pourquoi une crise inédite dans l’OTAN ? Pour répondre à cette question, Planisphère a la joie de recevoir à son micro Amélie Zima. Cette émission a été enregistrée le : 05/05/2026 et diffusée le 09/05/2026 sur RCF Notre Dame. Un document précieux pour comprendre les ressorts de l’actualité. Podcast et synthèse rédigée complète sur Diploweb.com
Extrait de la synthèse rédigée
"Dans Selon Amélie Zima, la crise actuelle est inédite parce qu’elle provient directement du membre le plus puissant de l’Alliance : les États-Unis. Sous l’influence de Donald Trump et des réseaux politiques qui l’entourent, Washington remet en cause plusieurs principes fondamentaux inscrits dans le traité de Washington de 1949 [2], notamment le règlement pacifique des différends, le respect de la souveraineté des États et l’inviolabilité des frontières. Les tensions autour du Groenland ou les discours et les actions visant le Canada illustrent cette remise en question de principes considérés jusqu’ici comme intangibles dans l’espace transatlantique.
Selon Amélie Zima, la crise actuelle est inédite parce qu’elle provient directement du membre le plus puissant de l’Alliance : les États-Unis. Sous l’influence de Donald Trump et des réseaux politiques qui l’entourent, Washington remet en cause plusieurs principes fondamentaux inscrits dans le traité de Washington de 1949, notamment le règlement pacifique des différends, le respect de la souveraineté des États et l’inviolabilité des frontières. Les tensions autour du Groenland ou les discours et les actions visant le Canada illustrent cette remise en question de principes considérés jusqu’ici comme intangibles dans l’espace transatlantique. Cette situation fragilise profondément l’identité même de l’OTAN, traditionnellement définie comme une « communauté de sécurité », c’est-à-dire un ensemble d’États entre lesquels le recours à la coercition ou à la force est exclu. Désormais, certains Européens envisagent même des mécanismes de protection face aux États-Unis eux-mêmes, notamment via l’article 42.7 du traité de Lisbonne sur la défense collective européenne. La crise ne porte donc plus uniquement sur le partage du fardeau militaire ou les dépenses de défense, mais sur la confiance politique au sein de l’Alliance. (…)
L’interview revient ensuite sur les conséquences de la fin de la Guerre froide. Après la disparition de l’URSS et du Pacte de Varsovie en 1991, les États européens auraient pu développer une autonomie stratégique plus importante. Pourtant, ils ont largement réduit leurs investissements militaires durant la période dite des « dividendes de la paix ».
Cette baisse des dépenses de défense a progressivement créé une dépendance structurelle envers les États-Unis, notamment dans des domaines clés comme le renseignement, la logistique, le transport stratégique ou les capacités de commandement. Même si plusieurs États européens ont récemment engagé des efforts de réarmement importants, des « trous capacitaires » subsistent encore. A. Zima rappelle également que les États-Unis demandent aux Européens, depuis les années 1990, d’assumer davantage leur propre sécurité. Cependant, ce discours américain est resté paradoxal : Washington encourage les Européens à se renforcer tout en conservant le contrôle des principales structures de commandement de l’OTAN. (…)
Le discours américain est resté paradoxal : Washington encourage les Européens à se renforcer tout en conservant le contrôle des principales structures de commandement de l’OTAN. (…)"
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