
Transmission(s), le podcast du Service militaire adapté, s'installe à Périgueux, au Centre de formation du SMA, le seul où se retrouvent des volontaires des sept territoires d'Outre-mer. Certains ont parcouru plus de 15 000 kilomètres pour y décrocher un titre professionnel. Le chef de corps, la cheffe de centre, des volontaires et des formateurs racontent l'arrivée loin de chez soi, les chambres qui mélangent les îles, le savoir-être qu'attendent les employeurs, et le chemin qui mène certains jeunes du statut de volontaire à celui de formateur.
Périgueux, le seul centre du SMA dans l’Hexagone
Ce documentaire de Transmission(s), le podcast du Service militaire adapté (SMA), se tient à Périgueux, en Dordogne, au Centre de formation du Service militaire adapté (CFSMA), le seul endroit où des jeunes venus des sept territoires d’Outre-mer vivent et se forment sous le même toit. Le colonel Guillaume Larabi, chef d’état-major du SMA et chef de corps du centre, rappelle que l’institution compte sept régiments et un centre de formation, 7 200 personnes dont 5 800 volontaires, et qu’une centaine seulement sont à Périgueux. Ces volontaires ont déjà suivi un parcours dans un régiment d’Outre-mer et viennent chercher un diplôme de niveau bac à bac+2 qu’ils ne peuvent pas passer sur leur territoire. Il décrit ce départ comme « quasiment une expatriation » : le premier avion, le train, le métro, puis un logement, ce que tous n’auraient pas trouvé seuls à Paris ou à Lille. La lieutenant-colonel Karine Peter, qui dirige le centre, détaille ses trois missions : accueillir ces volontaires, former les engagés volontaires du SMA (EVSMA) qui deviendront formateurs dans les régiments, et préparer les cadres affectés en Outre-mer à une « pédagogie adaptée ».
Neuf filières, toutes diplômantes, durent de quatre à dix mois : peinture, plâtrerie, réseaux, restauration, secrétariat, froid et climatisation, électricité. Pendant la formation, on ne rentre pas chez soi, explique la lieutenant-colonel Peter, car le risque est de ne pas revenir.
Des volontaires aux formateurs
Le dépaysement est total, et le centre s’en sert. Dès le premier soir, personne ne partage sa chambre avec un jeune de son île : la cheffe de centre cite les jeunes de Mayotte qui, regroupés, ne parleraient que le shimaoré. Pour le colonel Larabi, ces chambres mélangées « incarnent tout simplement ce qu’est la France ». Frédéric Lafargue, formateur civil en froid commercial et industriel depuis quatre ans, décrit les phases du déracinement, de l’émerveillement au creux du troisième mois, et insiste sur ce que cherchent les patrons : du savoir-être, être à l’heure, prévenir quand on est absent. Selon la lieutenant-colonel Peter, environ 85 % des volontaires obtiennent leur titre professionnel, avec l’appui d’une assistante sociale et d’une psychologue. La formation militaire initiale, qui se conclut par la présentation au drapeau, sert de point de départ : certains parents, raconte-t-elle, « ne reconnaissent plus leur enfant ». Les cadres parlent d’un rôle de « papa » ou de « grande sœur », que le colonel rattache à l’adage des troupes de marine : « commander d’autorité et d’amitié ».
La boucle se ferme avec ceux qui passent de l’autre côté : un caporal-chef mahorais, chef de filière en électricité, entré comme volontaire stagiaire à Mayotte en 2021 et devenu engagé volontaire, et une Martiniquaise, ancienne manager en restauration, formée à Périgueux et affectée au régiment de Guyane, qui résume : « on ne va pas former des soldats ». Après le diplôme, deux tiers des jeunes rentrent sur leur territoire et un tiers trouve un emploi dans l’Hexagone, où le logement reste le principal obstacle.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Service militaire adapté (SMA) : sept régiments et un centre de formation, selon le colonel Larabi
- Centre de formation du Service militaire adapté (CFSMA), à Périgueux : neuf filières diplômantes
- Engagés volontaires du SMA (EVSMA) : professionnels formés à Périgueux pour devenir formateurs dans les régiments d’Outre-mer
- Fondation du SMA : participe à la caution et au premier loyer de certains jeunes qui restent dans l’Hexagone
- Fonds social européen : convention qui accompagne l’extension du centre
- Commission européenne : une délégation de volontaires est allée raconter son parcours à Bruxelles
Au fil de l’épisode
- 00:01:18 : direction Périgueux, le seul centre où se retrouvent les jeunes de tous les Outre-mer
- 00:02:12 : le colonel Guillaume Larabi présente le SMA et la place du centre
- 00:04:09 : les trois missions du CFSMA selon la lieutenant-colonel Karine Peter
- 00:05:29 : neuf filières de formation, de quatre à dix mois
- 00:06:47 : l’arrivée en métropole, le climat et l’éloignement
- 00:08:44 : le président des engagés volontaires décrit les jeunes accueillis
- 00:09:37 : pourquoi les volontaires ne rentrent pas chez eux pendant la formation
- 00:10:40 : Frédéric Lafargue et les phases du déracinement
- 00:12:00 : des chambres qui mélangent les territoires
- 00:14:14 : venir chercher un diplôme introuvable sur son île
- 00:15:10 : 85 % de réussite et le savoir-être attendu par les employeurs
- 00:16:57 : la formation militaire initiale et la présentation au drapeau
- 00:18:34 : le rôle de « papa » et de « grande sœur » des cadres
- 00:19:28 : « commander d’autorité et d’amitié »
- 00:20:13 : un caporal-chef mahorais, de volontaire stagiaire à formateur
- 00:22:14 : les engagés volontaires du SMA apprennent à transmettre leur métier
- 00:22:53 : une formatrice en restauration affectée en Guyane
- 00:25:12 : rentrer sur son territoire ou rester dans l’Hexagone
- 00:25:43 : la difficulté du logement et l’aide de la fondation du SMA
- 00:26:40 : l’extension du centre et le Fonds social européen
- 00:27:44 : le sens de la mission pour ceux qui encadrent
FAQ
Qu’est-ce que le CFSMA de Périgueux ?
Le Centre de formation du Service militaire adapté, à Périgueux en Dordogne, est le seul centre du SMA dans l’Hexagone. Il accueille une centaine de volontaires venus des sept territoires d’Outre-mer après un premier parcours dans leur régiment, forme les futurs formateurs des régiments et prépare les cadres affectés outre-mer à la pédagogie du SMA.
Quelles formations propose le CFSMA ?
Selon la lieutenant-colonel Karine Peter, le centre propose neuf filières diplômantes de quatre à dix mois : métiers du bâtiment (peinture, plâtrerie, électricité), réseaux, restauration, secrétariat, froid et climatisation. Les volontaires y préparent un titre professionnel, et environ 85 % d’entre eux l’obtiennent, avec l’appui d’une assistante sociale et d’une psychologue.
Pourquoi les volontaires ne rentrent-ils pas chez eux pendant la formation ?
La cheffe de centre explique que, de retour dans leur environnement familier, beaucoup de jeunes auraient du mal à revenir pour finir leur formation. Elle ajoute que les billets d’avion représentent des frais qu’un jeune ne peut pas supporter. Les volontaires restent donc à Périgueux de quatre à dix mois sans retour à la maison.
Que deviennent les jeunes après leur diplôme ?
D’après le colonel Guillaume Larabi, deux tiers des volontaires rentrent sur leur territoire avec leur diplôme et un tiers trouve un emploi dans l’Hexagone. Pour ceux qui restent, la principale difficulté est le logement ; la fondation du SMA aide parfois en participant à la caution et au premier loyer.
Mayotte debout : Le RSMA face au cyclone Chido
15 Déc
SMA Polynésie : miser sur l’avenir de l’économie locale
31 Oct
Général J.P Metz : la Fondation SMA, un accélérateur de réussite pour la jeunesse d’Outre-mer #9
23 Sep
Édition spéciale été : le SMA vu par Olivier Jacob, le directeur général des Outre-mer
29 Août
Le SMA, une école de la confiance pour les jeunes ultramarins #8
4 Juil
Bonus Track épisode 06 : Avec la Caporal-chef Arakino Patricia
29 Juin
Bonus Track épisode 06 : Maui a Maira
29 Juin
Episode 06 : Environnement et biodiversité
29 Juin
Bonus Track épisode 05 : Entretien avec Eric Caucino
24 Mai
Episode 05 : L’Europe en Outre-mer
24 Mai
Episode 04 : Numérique et Nouvelle Technologie
19 Avr
Bonus Track épisode 04: La parole au commandant Fabien
19 Avr
Dans la peau d’un militaire du rang
22 Oct
L’homme qui murmure à l’oreille des chefs
1 Oct
Le Carré #29 : Au cœur des fusiliers marins : immersion au sein de la CFM Bernier
1 Oct
Le Carré #28 : L’ADN des fusiliers marins : 170 ans d’histoire, de traditions et de formation
24 Sep
Commando parachutiste : Commander sous pression
17 Sep
Adjudant Léa, convoyeuse de l’air : Prête à partir, prête à agir
5 Sep
Peut-on rire de ses chefs ?
4 Sep
27 ans de carrière : tout tenter et enfoncer des portes fermées
29 Août
Unpopular opinions #24 : les dynasties militaires
28 Août
Traductrice embarquée, elle choisit de devenir greffier militaire
24 Août
Guerre électronique : Ils peuvent te localiser sans te voir
20 Août
#45 – Essais, précision, fiabilité : un métier méconnu derrière les armes du combattant
1 Août
