
Olivier Jacob, préfet et directeur général des Outre-mer, présente le Service militaire adapté depuis l'administration dont il dépend : une institution militaire rattachée à une direction civile, qui forme chaque année des milliers de jeunes ultramarins et revendique près de 80 % d'insertion. Dans cette édition spéciale de Transmission(s), il explique comment les régiments s'accordent aux besoins de chaque territoire, pourquoi le SMA est appelé en renfort après les cyclones et comment une future réserve pourrait concilier insertion et résilience.
Le SMA vu depuis la Direction générale des Outre-mer
Olivier Jacob, préfet et directeur général des Outre-mer, explique dans cette édition spéciale du podcast Transmission(s) ce qu’est le Service militaire adapté (SMA), pourquoi l’État y tient et comment ses missions évoluent. Il décrit une institution « extrêmement originale » : militaire, mais rattachée à la Direction générale des Outre-mer (DGOM), qui devient de ce fait une administration civilo-militaire. Né dans les années 1960 en Martinique et en Guadeloupe, le SMA est aujourd’hui présent sur les trois océans. Il forme, selon lui, entre 5 000 et 6 000 jeunes ultramarins par an, avec un taux d’insertion professionnelle de près de 80 %, et en Nouvelle-Calédonie comme en Polynésie française, environ 30 % d’une classe d’âge passe par ses régiments. Le préfet détaille le fonctionnement de ces régiments, au contact des entreprises et des collectivités qui ont la charge de la formation professionnelle : un socle commun (bâtiment, numérique, économie bleue, hôtellerie, restauration) dont le poids varie selon les besoins du territoire, et des modules spécifiques, comme la formation de jeunes au déploiement de la fibre à Mayotte. Il insiste sur l’enjeu de retenir la jeunesse dans les territoires, sur la féminisation (certaines expérimentations accueillent de jeunes mères avec leurs enfants) et sur la fondation du SMA, financée par des dons d’entreprises, qui aide d’anciens volontaires à créer leur entreprise. Il revient enfin sur la mission secondaire du SMA en cas de crise : renfort après les cyclones Belal et Garance à La Réunion, Chido à Mayotte, contribution à la lutte contre les incendies en Nouvelle-Calédonie à l’été 2023, ou encore gestion de l’épidémie de chikungunya à La Réunion. Selon lui, le général Patrice Bellon, commandant du SMA, travaille à inscrire le SMA dans la stratégie nationale de résilience, et la création d’une réserve du SMA permettrait de concilier insertion et résilience sans dégrader les taux d’insertion.
À l’approche des 65 ans de l’institution, Olivier Jacob voit dans l’adaptation sa première qualité et rappelle que l’Hexagone s’en inspire avec le service militaire volontaire, sans en avoir l’ampleur.
Pour aller plus loin
- La Direction générale des Outre-mer (DGOM)
- La page LinkedIn de la DGOM
- Le SMA sur Instagram
- Les vidéos du commandement du SMA sur YouTube
Les références de l’épisode
- Service militaire adapté (SMA) : dispositif militaire d’insertion professionnelle des jeunes ultramarins, rattaché à la DGOM.
- Direction générale des Outre-mer (DGOM) : administration qui conçoit et pilote les politiques publiques des territoires ultramarins, dirigée par Olivier Jacob.
- Général Patrice Bellon : commandant du Service militaire adapté, invité du premier épisode de la saison.
- Fondation du SMA : soutient les projets d’entreprise d’anciens volontaires grâce aux dons d’entreprises.
- Cyclones Belal et Garance (La Réunion) et Chido (Mayotte) : crises lors desquelles les jeunes du SMA ont prêté main-forte.
- Service militaire volontaire : dispositif de l’Hexagone inspiré du SMA, selon Olivier Jacob.
Au fil de l’épisode
- 00:00:53 : une édition spéciale de l’été, entre deux épisodes de la saison
- 00:02:09 : la définition du SMA et son rattachement à la DGOM
- 00:03:19 : près de 80 % d’insertion et 30 % d’une classe d’âge dans le Pacifique
- 00:04:40 : des régiments au contact des entreprises et des collectivités
- 00:05:38 : une offre de formation adaptée à chaque territoire, de la fibre à Mayotte à l’économie bleue
- 00:06:40 : retenir la jeunesse dans les territoires ultramarins
- 00:07:26 : conseils de perfectionnement, chômage des jeunes et féminisation
- 00:09:21 : la fondation du SMA et l’aide aux anciens qui créent leur entreprise
- 00:10:18 : le SMA force d’appoint en cas de crise, de Chido à Garance
- 00:12:56 : dérèglement climatique et stratégie nationale de résilience
- 00:14:20 : une réserve du SMA pour concilier insertion et résilience
- 00:15:12 : bientôt 65 ans et un modèle dont s’inspire l’Hexagone
FAQ
Qu’est-ce que le Service militaire adapté (SMA) ?
Le Service militaire adapté est une institution militaire née dans les années 1960 en Martinique et en Guadeloupe, chargée de former et d’insérer professionnellement de jeunes ultramarins. Selon Olivier Jacob, il forme entre 5 000 et 6 000 jeunes par an sur les trois océans, avec un taux d’insertion proche de 80 %.
Pourquoi le SMA dépend-il de la Direction générale des Outre-mer ?
Le SMA est rattaché à la Direction générale des Outre-mer, ce qui en fait, selon son directeur général Olivier Jacob, une administration civilo-militaire. C’est d’ailleurs le directeur général des Outre-mer qui donne le dernier visa lorsque les forces du SMA sont sollicitées en renfort lors d’une crise.
Quel rôle joue le SMA lors des cyclones et des crises outre-mer ?
En plus de sa mission d’insertion, le SMA sert de force d’appoint aux forces de sécurité et aux armées. Olivier Jacob cite son intervention après les cyclones Belal et Garance à La Réunion et Chido à Mayotte, la lutte contre les incendies en Nouvelle-Calédonie à l’été 2023 et la crise du chikungunya à La Réunion.
Pourquoi créer une réserve du SMA ?
Quand les jeunes volontaires interviennent lors d’une crise longue, leur formation s’interrompt et les taux d’insertion, qui servent à évaluer le SMA, se dégradent. Olivier Jacob explique qu’une réserve du SMA, sur le modèle des réservistes de la gendarmerie, permettrait de poursuivre de façon plus équilibrée l’insertion et la résilience.
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