
C’est un bâtisseur que nous recevons ce mois-ci. Premier chef de corps historique du régiment de cyberdéfense, le plus jeune régiment de l’armée de Terre, le colonel Jean-François Caverne a rendu son commandement cet été. Dans cet entretien, il revient sur les défis liés à la création de cette nouvelle unité, évoque son goût de la transmission et nous explique pourquoi il a choisi de rester au sein des forces bien au-delà de son premier contrat de cinq ans.
La voix est posée, le regard bienveillant. Le colonel Jean-François Caverne incarne ce que l’on pourrait appeler une force tranquille. Et c’est peut-être cette qualité ajoutée à son intérêt pour les nouvelles technologies qui l’a orienté vers la formation, dès ses débuts au sein de l’armée de Terre : « Tout ce que j’avais pu apprendre au sein de mon école d’ingénieur, lors de mes stages, lors de ma première expérience professionnelle dans le privé, je l’ai transféré avec conviction à mes frères d’armes, à mes camarades sous-officiers, officiers venus de tous les horizons. Cette transmission de compétences m’a extrêmement satisfait et m’a apporté énormément », se remémore-t-il. Une humanité qui va le suivre tout au long de sa carrière jusqu’à son défi le plus ambitieux. En janvier 2025, il devient le premier chef de corps du régiment de cyberdéfense. « On est parti de zéro. Nous n’avons pas créé un régiment en utilisant les traditions d’une unité ayant existé. On a dû imaginer un drapeau, un emblème, créer un fanion et une devise. La construction de notre identité a permis de fédérer nos cybercombattantes et nos cybercombattants », explique l’officier.
La principale mission du régiment consiste à protéger, défendre et durcir la surface numérique des forces armées : « Si je devais prendre une image, je prendrais l’image de l’ingénieur militaire Vauban. En ce qui concerne la protection, il faut bâtir les remparts les plus imprenables possible. Nous avons des experts pour cela. Ensuite, nous devons défendre ces remparts. Là, il nous faut les meilleures sentinelles possibles. Et enfin, nous avons des équipes spécialisées en durcissement. Ils vont tester nos propres défenses, corriger les vulnérabilités ou zones de faiblesse pour rendre ces remparts les plus imprenables possible » résume-il.
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Crédit photo : SGT Victor François
Musique originale : Stéphane Lebaron et Romain Paillard
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